Il a pour cela remis dimanche à Engie, grand actionnaire de Suez, une offre ferme à 2,9 milliards d'euros, portant sur l'essentiel de sa participation. Selon son communiqué, l'offre concerne 29,9% de Suez, dont Engie détient au total 32%. Si cette transaction aboutit, Veolia a l'intention de déposer par la suite une offre publique d'achat pour le reste des actions. Le rachat de l'ensemble est estimé à quelque 10 milliards, auxquels s'ajoute la dette de Suez.

"Cette opportunité historique permettra de construire le super champion mondial français de la transformation écologique", a commenté Antoine Frérot, le PDG de Veolia.

Suez, qui avait présenté en octobre un plan stratégique visant à détrôner son rival de sa place de numéro un, a pris "acte", dans un communiqué séparé. "La démarche de Veolia n'a pas été sollicitée et n'a fait l'objet d'aucune discussion avec Suez", qui réunira son conseil d'administration "dans les plus brefs délais afin d'étudier l'opération et ses impacts envisagés, sous le prisme de l'intérêt de la société, de ses actionnaires, ses salariés et l'ensemble de ses parties prenantes", a-t-il ajouté.

Engie a pour sa part fait savoir dimanche soir qu'il allait "étudier la proposition dans les prochaines semaines" et "privilégiera la solution la plus attractive pour ses actionnaires, dans le respect des parties prenantes et après prise en considération de la qualité du projet industriel", selon son communiqué.

Le géant de l'énergie avait annoncé en juillet sa volonté de recentrer son activité, en cédant des actifs jugés non stratégiques et des participations minoritaires.

La réunion de Veolia, déjà numéro un mondial du secteur, et Suez, numéro deux, faisait l'objet de spéculations régulières. Les deux groupes affichaient l'an dernier un chiffre d'affaires cumulé de quelque 45 milliards d'euros, dans un domaine de plus en plus concurrentiel à l'international, marqué notamment par la montée en puissance de groupes régionaux.

Le secteur reste très émietté, et la nouvelle entité représenterait encore moins de 5% de parts de marché au niveau mondial, souligne M. Frérot. Mais "la concentration a commencé", prévient-il, relevant l'intérêt croissant de fonds d'investissement pour le secteur, ou la montée d'acteurs venus de Chine.