L'intersyndicale de Suez (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC ) dénonce ce mercredi un accord "dans l'impasse", négocié par le Conseil d'administration de Suez et celui de Veolia, dont elle demande "la remise à plat".

De son côté, le syndicat de l'encadrement S3E de Suez, a dit "privilégier" un projet du fonds français Meridiam, après l'annonce du retrait des fonds d'investissement Ardian et GIP.

Dans un communiqué, l'intersyndicale écrit : "Nous venons d'apprendre qu'Ardian ne trouvait 'pas acceptables' les conditions de sa présence dans le futur actionnariat du nouveau Suez. A peine une semaine après sa pré-conclusion et une énorme campagne de communication autour de cette 'solution négociée', nous nous retrouvons à la case départ."

"Si la clause contenant la participation d'Ardian tombe, nous considérons qu'elle entraîne également la position de Méridiam et de la CDC. En clair, les salarié(e)s de Suez n'ont aucune visibilité sur la gouvernance de leur future entreprise", déplorent les syndicats qui dénoncent une "supercherie".

Pour eux, "que ce soit en termes de périmètre, de clauses contraignantes vis-à-vis du futur Suez, d'actionnariat flou et non défini, cet accord ne garantit rien au corps social de Suez".

Plus de garanties chez Meridiam ?

Dans un autre communiqué, le syndicat de l'encadrement S3E de Suez dit "privilégier" le projet présenté par le fonds d'investissement français Meridiam, qui propose, selon lui, "un vrai plan d'action de pérennisation du futur groupe".

"Il est essentiel que le futur actionnaire décisionnaire détienne plus de 50 % du capital afin de pouvoir mettre en oeuvre son plan d'entreprise et respecter ses engagements envers les salariés", souligne S3E.

Meridiam, avec qui Veolia avait conclu un accord de revente des activités que les lois anti-trust ne lui auraient pas permis de garder dès août 2020, s'est dit mercredi "prêt" à compenser le départ des fonds Ardian et GIP du projet de "nouveau Suez" issu de l'accord de rapprochement entre les deux géants de l'eau et des déchets.

Le fonds a également promis de garder les actifs du futur Suez pendant 25 ans, de ne pas licencier avant au moins 5 ans et de conserver leur statut aux salariés, ainsi qu'un plan d'investissement de 860 millions d'euros.

Ardian et GIP ont annoncé mardi qu'ils ne participeraient pas au "nouveau Suez", estimant l'accord trouvé le 11 avril entre Veolia et Suez pour mettre un terme à huit mois de guerre autour de l'OPA de l'un sur l'autre, "pas acceptable".

L'accord de principe prévoit le maintien d'un Suez représentant 7 milliards d'euros de revenus, moins de la moitié du groupe actuel. Surtout concentrée sur la France, la société aurait été reprise par GIP-Ardian, Meridiam et la Caisse des dépôts (CDC), pour un actionnariat majoritairement français. Mais GIP et Ardian n'étaient pas à la table de négociation.