Les vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement tenteront d’accorder leurs violons sur les moyens de renforcer l’Union économique et monétaire (UEM), lors du sommet qui se tient ces jeudi et vendredi à Bruxelles.

Priorité : progresser sur le projet d’union bancaire, qui passe d’abord par la mise en place d’une supervision intégrée des 6 000 banques de la zone euro, confiée à la Banque centrale européenne (BCE). La condition sine qua non avant d’envisager une recapitalisation directe des banques en péril. Sa mise en place reste annoncée pour janvier 2013. L’Espagne est intéressée au premier chef, la France et la Belgique poussent en ce sens. L’Allemagne freine. Argument officiel : la qualité du futur système importe plus que le calendrier.

Pour renforcer l’union budgétaire, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, propose d’aller plus loin que les mesures de gouvernance économique adoptées ces dernières années (six pack, traité budgétaire ). La discipline est nécessaire, mais ne suffit pas, lit-on en substance dans le rapport préparé par le Belge et les présidents de la Commission, de la BCE et de l’Eurogroupe. M.Van Rompuy demandera aux Vingt-sept s’il peut continuer à explorer la piste menant à la création d’une "capacité budgétaire" de la zone euro. Capacité qui permettrait d’aider des pays de la zone euro à absorber des chocs économique et/ou à "faciliter" les réformes structurelles dans ces pays. Ce nouvel outil, sans lien avec le budget européen, ouvre la porte à beaucoup de questions. A commencer par celle du financement. La feuille de route précise que ce nouvel outil devrait éventuellement être capable d’emprunter. Or, pour Berlin, c’est toujours nein à tout ce qui ressemble de près ou de loin à de l’émission commune de dettes.

Sur l’union économique, Van Rompuy voudrait explorer une autre piste : celle d’un arrangement contractuel que passerait chaque pays de la zone euro, avec les institutions de l’UE, sur les réformes en faveur de la croissance et de l’emploi qu’ils s’engagent à entreprendre.

Enfin, sauf coup de théâtre, la Grèce et l’Espagne ne seront pas au menu de ce sommet. Le rapport de la troïka sur la Grèce n’est pas prêt. Et comme les marchés sont cléments actuellement, Madrid n’est pas pressé d’en appeler à l’aide financière extérieure.