Les deux principaux actionnaires de Lagardère, Vivendi et Amber Capital, ont annoncé mardi avoir signé un pacte en vue d’obtenir des sièges au conseil de surveillance du groupe d’édition, disant agir "à la suite des très mauvais résultats" de ce dernier.

Vivendi et Amber vont dans ce cadre "entamer auprès de Lagardère des démarches afin d’avoir, chacun, au conseil de surveillance une représentation minoritaire, de trois membres pour Amber Capital et un membre pour Vivendi", selon un communiqué de Vivendi.

Les deux actionnaires ont chacun augmenté leurs parts au capital de Lagardère au cours des derniers mois, jusqu’à détenir 23,5 % du capital pour Vivendi et 20 % pour Amber.

Le fonds activiste britannique affirme dans un communiqué séparé agir pour "préserver son investissement et ses intérêts propres dans le contexte d’une instabilité institutionnelle et d’une forte dégradation financière au sein de la société".

Le contrôle avec… 7 % du capital

Le fonds avait déjà échoué en 2018 à faire élire deux représentants au conseil de surveillance, seul organe pouvant s’opposer au gérant controversé Arnaud Lagardère.

Amber Capital n’a cessé de répéter sa volonté de "solliciter la nomination d’un ou de plusieurs membres au conseil de surveillance", et d’œuvrer pour la transformation en société anonyme de Lagardère, actuellement sous statut de commandite par actions, rappelle-t-il.

Le statut atypique du groupe Lagardère en commandite par actions permet au patron et héritier de l’entreprise, Arnaud Lagardère (associé-commandité), de conserver le contrôle avec seulement quelque 7 % des parts. En contrepartie, il est responsable indéfiniment des dettes de l’entreprise sur ses biens propres.

Un pacte qui sonne comme un revers

La montée au capital de Vivendi, dirigé par Vincent Bolloré, avait été décrite au printemps par Arnaud Lagardère comme un "soutien amical". Le pacte annoncé mardi est donc un revers pour Arnaud Lagardère, qui avait dû lutter pour conserver sa place et bloquer l’arrivée de Amber au conseil de surveillance lors de la dernière assemblée générale en mai dernier.

Le pacte permet enfin à Vivendi et Amber d’unir leurs forces face à l’influence de Bernard Arnault, le milliardaire à la tête du groupe de luxe LVMH. Il avait annoncé fin mai venir éponger une partie des dettes d’Arnaud Lagardère contre 25 % des parts de la holding personnelle de l’héritier. Cette arrivée surprise avait remis en cause l’espoir de plusieurs actionnaires de voir les choses évoluer rapidement au sein de la gouvernance, et permet à M. Arnault de devenir incontournable pour toute décision stratégique touchant aux activités de Lagardère SCA, notamment des cessions d’actifs.