Le groupe ferroviaire SNCB serait-il une société où les droits des statutaires sont bafoués ? L'affaire dénoncée par les syndicats dérange les dirigeants qui auraient préféré qu'elle ne tombe pas sur la place publique. Il y a quelques mois, les cadres chez l'opérateur SNCB ont vu arriver un ancien expert au cabinet du ministre des Finances, Didier Reynders (MR). Il chapeaute aujourd'hui un nouveau service au sein de l'entreprise qui regroupe la communication interne, les relations avec la presse et les autorités publiques. Les organisations syndicales ont dénoncé mollement la situation, mais aujourd'hui elles ont l'impression que l'histoire va se répéter. Il semble en effet que la commissaire du gouvernement, Christine Servaty, une ancienne collaboratrice de l'ex-ministre Isabelle Durant (Ecolo) est sur le point d'être engagée à la SNCB. "Elle est censée veiller au respect des obligations imposées par le fédéral à la SNCB et aujourd'hui, on pense l'engager. On se demande si c'est pour services rendus", dénonce un responsable syndical. "En règle générale, en cas de vacance de poste, on cherche d'abord en interne avant de se tourner vers l'extérieur. Il est faux de dire que les fonctionnaires supérieurs sont des parachutés", rétorque une source interne à la SNCB.

Des agents menacés

Un autre événement similaire se serait produit chez le gestionnaire d'infrastructure (Infrabel) où les syndicats pointent du doigt la menace que l'on fait peser sur ceux qui seraient tentés de le dénoncer publiquement. Une ancienne contractuelle, engagée il y a deux ans pour assurer la formation professionnelle (train @ rail) des agents vient d'être nommée responsable des ressources humaines. "Elle ne s'est même pas occupée de la formation et a plutôt travaillé dans l'ombre de quelqu'un d'autre. Des agents statutaires qui répondent au profil des fonctions et qui ont parfois jusque vingt ans de maison à la SNCB ne sont pas invités à participer à la sélection", dénonce une autre source syndicale. Les dirigeants feraient peser des menaces sur les agents déçus. "Les dirigeants font comprendre aux agents intéressés que si quelqu'un introduit un recours au conseil d'Etat, par exemple, il sera considéré comme n'étant plus digne de confiance", fustige un cadre de la SNCB.

Vu le caractère délicat des problèmes, tous les intervenants rencontrés ont préféré parler sous couvert d'anonymat pour ne pas handicaper leur carrière. Mais les cadres supérieurs de la SNCB ont le sentiment qu'une certaine discrimination règne au sein du groupe ferroviaire. Le sentiment d'injustice est d'autant plus grand que les extérieurs contractuels nommés à un poste de fonctionnaire supérieurs ont directement un niveau de rémunération substantiel. La différence varierait de 10 à 15 000 euros supplémentaires par an. "Un agent statutaire nommé à un poste de fonctionnaire supérieur doit attendre quatre ans avant de bénéficier de l'augmentation de salaire que lui confère sa nouvelle fonction. Or, les contractuels nommés y ont droit dans l'immédiat", martèle un responsable d'une des organisations syndicales reconnues à la SNCB.