Les 25pc détenus par le géant britannique Vodafone dans Proximus font régulièrement l'objet d'hypothèses de la part des analystes boursiers. Cette fois, c'est un rapport de Morgan Stanley qui affirme que Vodafone pourrait décider de se défaire bientôt de sa participation dans l'opérateur mobile belge.

Selon Morgan Stanley, le fait que le groupe britannique ait décidé la semaine dernière de céder sa filiale japonaise pourrait indiquer qu'il veut «sortir de tous les marchés problématiques, ou de ceux où il a peu de chances d'obtenir une participation majoritaire». Ce qui est le cas de la Belgique puisque le patron de Belgacom Didier Bellens a déjà répété à plusieurs reprises qu'il ne compte pas réduire sa participation de 75pc dans Proximus. Au contraire, il se dit prêt à monter jusqu'à 100pc au cas où Vodafone serait vendeur, même s'il précise que la coopération actuelle avec l'opérateur britannique lui donne entière satisfaction.

Droit de préemption

Pour Morgan Stanley, le rachat de l'intégralité des actions Proximus par Belgacom serait une très bonne chose pour l'opérateur belge... et pour ses actionnaires, puisque la banque estime que le bénéfice par action de la société grimperait de quelque 8pc.

«Si Belgacom en a l'occasion, je crois effectivement qu'il n'hésitera pas longtemps à racheter les parts de Vodafone», confirme Philippe De Pauw, analyste chez Delta Lloyd. «Les opportunités pour améliorer sa croissance ne sont en effet pas si nombreuses. D'autant plus que les chances de le voir racheter Neuf Cegetel semblent pour l'instant assez limitées vu la prochaine entrée en Bourse de l'opérateur français.» Selon Philippe De Pauw, l'actuelle collaboration commerciale entre Vodafone et Proximus - via le portail «Vodafone Live» par exemple - pourrait par ailleurs parfaitement se poursuivre au cas où Belgacom resterait seul à bord.

Cela dit, l'analyste reste extrêmement réservé quant aux chances de voir Vodafone abandonner sa participation dans Proximus. «De telles spéculations sont prématurées», estime-t-il. «Ce n'est pas parce que Vodafone décide de sortir de sa très problématique filiale japonaise qu'il va en faire de même avec Proximus, qui ne lui cause absolument aucun souci, bien au contraire.»

A noter qu'au cas où Vodafone se déciderait à vendre ses 25pc, il est quasiment certain que ce sera Belgacom qui les rachètera. Parce qu'il bénéficie d'un droit de préemption d'une part, parce que les candidats à une participation minoritaire dans Proximus ne se bousculent pas au portillon d'autre part. D'après Morgan Stanley, les 25pc de Vodafone valent quelque 1,82 milliard d'euros.

© La Libre Belgique 2006