Après le président Bernd Pischetsrieder, c'est au tour de Wolfgang Bernhard (photo), l'énergique patron de la marque Volkswagen, de quitter le principal constructeur automobile européen. Il n'acceptait pas le nouveau découpage des attributions qu'a approuvé, hier, le conseil de surveillance et qui fait la part belle au nouveau patron Martin Winterkorn.

Bernhard, qui avait auparavant assaini Chrysler pour le compte de Daimler, avait lancé la vaste restructuration de la marque VW il y a à peine deux ans. Il a coupé les coûts, forçant le syndicat IG Metall à accepter un prolongement du travail hebdomadaire sans compensation salariale, et il a mis en route le développement de nouveaux modèles qui sortiront en 2008-2009. Les marchés financiers l'adulaient.

Le bref communiqué annonçant son départ n'en donne pas les raisons, mais on sait qu'il ne pouvait pas accepter la nouvelle répartition des tâches au directoire; elle l'aurait réduit au statut de chef des usines du groupe sans compétence pour les nouveaux modèles et les ventes.

Pas de nouveaux groupes

C'est à l'unanimité que le conseil de surveillance à composition paritaire a approuvé la réforme du directoire destinée à "générer des synergies encore plus élevées dans le groupe".

Première décision importante : les deux groupes de marques existants, Volkswagen (avec Skoda, Bentley et Bugatti) et Audi (avec Seat et Lamborghini) seront dissous. Or, contrairement aux attentes, on ne les remplacera pas par deux nouveaux groupes, les marques de luxe autour d'Audi et les marques grand public autour de Volkswagen. Hier, on n'a pas appris pourquoi ce projet de Winterkorn n'avait pas abouti.

Piech, le vrai patron

Deuxième décision : le directoire retourne aux fonctions classiques abolies par Pischetsrieder après son arrivée en 2002. Il y aura de nouveau un directeur de la production, un directeur de la recherche et du développement et un directeur des ventes. Outre sa fonction de président du directoire du groupe entier, Winterkorn cumulera deux autres postes : il va coiffer la recherche et le développement du groupe et, après le départ de Bernhard, il prendra aussi en charge la direction de la marque VW.

Pourtant, remarque la presse allemande, malgré la triple tâche qui lui est confiée, Winterkorn ne sera pas le vrai patron du groupe. C'est le président du conseil de surveillance, l'énigmatique Ferdinand Piech, 69 ans, qui sera l'autorité suprême. Certes, son mandat expirera à l'assemblée générale en avril, mais il aurait l'intention de briguer un nouveau mandat de cinq ans. Le côté ouvrier a déjà signalé qu'il voterait pour le patriarche, son grand allié.

© La Libre Belgique 2007