CORRESPONDANT EN ALLEMAGNE

Volkswagen, numéro un des constructeurs automobiles en Europe, peine à redresser la barre. La marque Volkswagen est dans le rouge et le groupe risque de faire des pertes en Chine, où ses parts de marché s'effondrent.

A l'assemblée générale à Hambourg le président Bernd Pischetsrieder a évité de faire pour 2005 un pronostic bénéficiaire précis. Il s'est borné à dire que les résultats augmenteraient de trimestre en trimestre.

Pour encourager les actionnaires passablement déprimés, le président bavarois leur a présenté un homme providentiel: Wolfgang Bernhard, 44 ans, ex-membre du directoire de Daimler Chrysler. Il dirigera la marque VW en difficultés à compter de mai. Il est déjà au directoire de Volkswagen depuis février, mais sans portefeuille. Normalement il aurait dû prendre les commandes de la marque VW en janvier 2006, mais Pischetsrieder le fait déjà commencer en mai. Aux actionnaires, le président a dit que Bernhard avait comme tâche de rendre la marque VW aussi profitable que la marque-soeur Audi. Début mars, à la conférence de presse annuelle, l'aîné avait vivement loué «le dynamisme, les idées et la personnalité» du jeune manager, qui avait auparavant assaini Chrysler aux Etats-Unis. Bernhard aurait dû devenir le chef de la marque Mercedes, mais le patron de Daimler, Jürgen Schrempp, l'avait renvoyé parce qu'il avait osé critiquer sa stratégie très contestable au Japon. «Bernhard va nous donner à réfléchir, il devra surtout améliorer la qualité de finition et mieux satisfaire les clients», estime Klaus Volkert, chef du conseil central d'entreprise du groupe de Wolfsburg.

Trois chantiers

Sinon le président n'avait pas grand-chose à offrir aux actionnaires dont la valeur a beaucoup perdu. Certes, les résultats du premier trimestre ont été un tantinet meilleurs que ce que prévoyaient les analystes: par rapport à l'exécrable premier trimestre 2004 le bénéfice opérationnel a augmenté de 41pc à 464 millions d'euros, mais le bénéfice net a seulement atteint 70 millions, contre 26 millions un an auparavant. Le Bavarois a toutefois promis que sur l'année entière on dépasserait le bénéfice net de 1,1 milliard d'euros en 2004. Ce sera surtout dû au programme de réduction de coûts «For Motion», qui a rapporté 1,6 milliard l'an dernier, et qui doit doubler à 3,1 milliards cette année. Mais cet effet pourrait être annihilé par des hausses de prix de préproduits et des variations monétaires.

Volkswagen a trois grands chantiers. La marque-clé VW a fait en 2004 une perte estimée à près de 300 millions d'euros. En comparaison Audi a dégagé un bénéfice opérationnel de 1,2 milliard. Ensuite, en Chine, où la situation ne s'améliorera qu'avec l'arrivée de grosses cylindrées au second semestre, Goldman Sachs prédit pour l'année une perte de plus de 400 millions d'euros. Enfin, aux Etats-Unis, où la guerre des rabais a occasionné une perte de 900 millions d'euros en 2004, un retour à l'équilibre ne sera guère possible avant 2006.

© La Libre Belgique 2005