Si vous achetez sur la version française du géant de l’e-commerce, vous allez sûrement en subir les conséquences.

Alors qu’Amazon lançait son Prime day ce lundi matin, le géant de l’e-commerce se montrait préoccupé par la confirmation, en fin de semaine dernière, de l’instauration d’une taxe sur ses activités par la France. Dans le collimateur du gouvernement français : les grandes entreprises technologiques qui réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires via leurs activités numériques.

Cette annonce a eu le don d’irriter le président Trump mais, au-delà de ce bras de fer politique, le consommateur pourrait payer l’addition. En effet, cette nouvelle taxe sur les services numériques concerne les entreprises qui génèrent plus de 750 millions d’euros de revenus digitaux, dont plus de 25 millions d’euros en France. Ces entreprises seront soumises à une taxe de 3 % sur ces revenus locaux. Cette mesure devrait rapporter environ 400 millions d’euros aux caisses de l’État en 2019. D’autant que l’entrée en vigueur de la taxe est rétroactive, celle-ci donc d’application depuis le 1er janvier dernier.

En effet, on imagine mal Amazon digérer cette taxe sans chercher à la répercuter sur les vendeurs ou les acheteurs. Dans les deux cas, ce sont donc au final les clients qui risquent de voir cette taxe intégrée dans leurs achats. Et donc les prix grimper.

D’autres pays envisagent d’emboîter le pas à la France en imposant eux aussi une taxe aux géants du Net, plus communément appelés Gafa.

L’Italie a adopté une loi mais les décrets n’ont pas encore été publiés, alors qu’ils devaient l’être en avril, note l’OCDE. L’organisation cite aussi l’Angleterre, qui a fait des propositions pour 2020, pas encore votées par le Parlement.

Le gouvernement espagnol a adopté en janvier un projet de loi pour créer une taxe de 3 % sur les revenus générés par certaines activités des géants du numérique. "Beaucoup de pays annoncent la création d’une taxe sur le chiffre d’affaires mais ils ne vont pas jusqu’au bout car il y a le processus multilatéral de l’OCDE et ils préfèrent attendre 2020", analyse l’organisation. "Ce sont tous des modèles de taxe sur le chiffre d’affaires proches de celui proposé par la Commission européenne. "

La France fait donc partie des précurseurs et les incidences pourraient être doubles. Car si les prix des articles achetés par le biais d’Amazon.fr (avant les autres) pourraient grimper, Trump menace aussi la France de représailles, et pourrait à son tour frapper les importations de produits français sur le sol américain de nouvelles taxes…

Enfin, signalons que si Amazon est visée par cette taxe, c’est également le cas de Facebook, Google ou encore Apple.