Vranken-Pommery est cotée aux Bourses de Paris et de Bruxelles. Son fondateur, le Belge Paul-François Vranken, qui pilote toujours la firme, est un commercial, ce qui se ressent positivement dans les résultats financiers. Une synergie s'est installée avec les réseaux des marques Heidsieck, Pommery, Lafitte, Rozès et Listel, dont la firme assure la distribution. C'est notamment le cas aux Etats-Unis, où elle a récemment pris l'entier contrôle de son dispositif de ventes, auparavant assuré par des sous-traitants.

Les résultats de la société pour l'exercice 2007 vont être publiés jeudi prochain 3 avril. Tout indique qu'ils donneront satisfaction aux investisseurs. On sait déjà que le chiffre d'affaires a augmenté de 7 pc l'an dernier, surtout au dernier trimestre, où sa croissance a atteint 14,5 pc. La progression du bénéfice devrait frôler les 10 pc.

Bénéfice par action attendu en hausse

Le cours de Vranken-Pommery a triplé en Bourse de 2001 (où il était un peu supérieur à 20 €) à fin 2007 (où on le retrouvait à 61 €). C'est en fonction de la croissance externe surtout. Le fait le plus remarquable fut la reprise, à la fin 2005, de l'ancienne et réputée maison de champagne Pommery.

La marge bénéficiaire s'est améliorée grâce au meilleur assortiment de la gamme de produits (le "mix") et à un bon contrôle des coûts. L'évolution favorable des résultats est en rapport aussi avec l'organisation efficace des ventes.

Le bénéfice net par action s'est tassé, en 2006, de 3,24 à 3,13 €, mais il faut dire que ce fut à la suite d'une forte hausse l'année précédente, et après une augmentation du nombre d'actions représentant le capital : le gâteau était à partager en plus de quartiers.

Pour 2007, le consensus porte sur 3,43 contre 3,13 € de bénéfice net par action. Pour l'exercice en cours 2008, où, en raison de la tendance boursière générale, on a assisté à un repli du cours jusqu'à une cinquantaine d'euros, ce consensus est de 3,84 contre 3,43 €.

L'euro et les taux d'intérêt pèsent

Ce qui est certain, c'est que, ces dernières années, Vranken-Pommery a constamment affiché une croissance supérieure à celle de la moyenne du secteur. La politique actuelle de la firme est de renforcer cette tendance en mettant l'accent sur ses marques les plus chères et les plus prestigieuses.

Les analystes sont cependant assez partagés à son sujet : sur 4 d'entre eux, 2 prônent d'accumuler des titres de l'entreprise, mais 1 d'en réduire le nombre et 1 de vendre ce qu'on a. Ces experts parisiens feraient-ils la fine bouche devant cette "histoire belge" ?

Il faut plutôt, semble-t-il, incriminer des facteurs conjoncturels. Grandes exportatrices, les maisons de champagne risquent d'être affectées par la hausse du cours de l'euro. Or, on sait combien la force de la devise européenne inquiète à Paris.

Il y a aussi la hausse des taux d'intérêt. Les firmes champenoises doivent beaucoup s'endetter pour financer leurs stocks de bouteilles en cours d'élevage et de vieillissement. Mais l'impression prévaut que, sous l'aiguillon de la "Fed" américaine, la Banque centrale européenne ne pourra plus longtemps s'en tenir à une politique d'argent cher.