L'inauguration a lieu ce matin. En très grande pompe. Car ça y est : l'usine Volkswagen de Bruxelles devient officiellement la quatrième usine de la marque Audi. Le site s'appelle désormais Audi Brussels.

Alors, pour fêter l'événement, les "huiles" des deux marques débarquent à Forest (Ferdinand Piech, le président de VW, ne se déplace pas tous les jours...), ainsi qu'une ribambelle de responsables politiques, le Premier ministre Guy Verhofstadt en tête. Insolite : l'animation est assurée par le "big band de l'orchestre Audi" et toute une mise en scène célèbre l'arrivée sur place de la première Audi A3.

Avec ces notes de musique, une page se tourne définitivement sur le passé bruxellois de VW. Maintenant, l'usine doit réduire ses coûts de 20 pc et le personnel qui reste doit rallonger sa semaine de travail de 35 à 38 heures. En échange, l'emploi de 2 200 personnes est garanti jusqu'en 2009. Ce qui fait 3 300 personnes de moins qu'autrefois (surtout des départs volontaires et des prépensions).

Mais le départ de VW n'a pas fait du dégât qu'à l'intérieur de l'usine. Les coupes sombres parmi les sous-traitants sont spectaculaires. Tous les dossiers étant à présent clôturés (celui d'Arvin Meritor a été refermé hier), voici une photo générale du paysage. Ou comment plus de 700 emplois sont passés à la trappe chez les principaux fournisseurs de l'usine forestoise.

1 Arvin Meritor : fermeture, 284 emplois perdus.

L'entreprise de Drogenbos (Bruxelles) fournissait les portes des Golf et des Polo. Elle fermera dès que l'usine arrêtera de produire des Golf, en juillet prochain. Hier, son personnel s'est prononcé favorablement par referendum (78 pc) sur les dernières propositions de sa direction. Des conditions de départ pourtant moins favorables que revendiquées.

2 Johnson Controls : 130 emplois perdus.

Il reste 400 personnes dans cette usine de Geel spécialisée dans le montage de sièges. Quatre-vingts autres ont accepté les conditions de départ volontaire, et 50 contrats à durée déterminée n'ont pas été renouvelés.

3 Faurecia : fermeture, 125 emplois perdus.

L'usine d'Anderlecht (Bruxelles) assurait notamment le montage des portes sur Polo et Golf. Elle mettra elle aussi la clef sous le paillasson, privant de job l'ensemble de son personnel.

4 Decoma-Belplas : 77 emplois perdus à Huizingen et 64 à Genk.

A Huizingen, on s'occupait du montage des pare-chocs. Après la restructuration du site, celui-ci ne comptera plus que 58 travailleurs. Les troupes de Genk qui a signé un contrat avec l'Allemagne pour les portes de Golf sont moins décimées. Elles restent constituées de 386 personnes. Mais 50 intérimaires ont été remerciés et 14 contrats à durée déterminée, pas reconduits.

5 Inergy Bruxelles : 13 emplois perdus.

Une restructuration a coûté une quinzaine d'emplois au site bruxellois d'Inergy. Pas de dégâts, en revanche, à Herentals qui a décroché son contrat de survie : une centaine de personnes pourront continuer à y produire des réservoirs pour l'Opel Astra.

6 Shedl : 12 emplois perdus.

Taille, à nouveau, au niveau du montage et de l'équilibrage des roues. Ce site (forestois lui aussi) travaillait pour les Polo et les Golf. Il devrait en principe assurer les portes des Audi A3 qui sortiront de Forest. Vingt personnes y seront dès lors maintenues, sur les 32 employées avant restructuration.

7 TDS Automotive : 10 emplois perdus.

L'usine (Beersel près de Bruxelles) qui monte les essieux arrière et les trains avant a congédié 10 de ses 57 travailleurs.

8 AFL : fermeture, 10 emplois perdus.

Cette entreprise, située dans l'enceinte de VW et qui gérait la logistique de la fourniture des faisceaux électriques, fermera elle aussi l'été prochain.

Les représentants syndicaux qui ont géré les négociations pour ces départs provoqués par la disparition de VW Forest nous déclarent être soulagés d'avoir obtenu le maximum qu'ils pouvaient. Mais ils sont forcément déçus, aussi. "Car on ne peut jamais être satisfait quand il s'agit de pertes d'emploi", conclut Guy Heyremans de la CSC-Métal.

Monique Baus