CORRESPONDANT EN ALLEMAGNE

En l'absence d'informations concrètes sur la vaste restructuration de Volkswagen, plusieurs titres allemands spéculent, comme ils l'avaient déjà fait en juillet 2005, sur une éventuelle fermeture de l'usine de Forest. L'hebdomadaire «Der Spiegel» et les quotidiens «Frankfurter Allgemeine» et «Die Welt» avancent des raisons politico-sociales. Selon eux, le conseil d'entreprise du constructeur automobile et le syndicat IG Metall accepteraient plus facilement l'abandon de l'usine belge que d'un site ouest-allemand. Un porte-parole du groupe a refusé de commenter la rumeur.

En fait, on ne sait rien. «Der Spiegel» titre: «Pas de concept à Wolfsburg». Le périodique doute que le président Bernd Pischetsrieder, beaucoup plus prudent que l'intrépide chef de la marque VW, Wolfgang Bernhard, sache vraiment dans quelle direction marcher. Le communiqué de vendredi n'avait donné que quatre têtes de chapitre: les coûts sont trop élevés; les usines ont des surcapacités; les unités de montage ont des retards de productivité; la fabrication de composants n'est pas rentable. Mais qu'est-ce que cela signifie concrètement?

Les journaux croient savoir que la direction veut abolir la semaine de quatre jours avec 28,8 heures, une spécialité de VW, et la remplacer par la semaine de 35 heures étalées sur cinq jours et ceci sans compensation salariale. Or, comme les usines ouest-allemandes, qui auraient occasionné en 2005 des pertes supérieures à 500 millions d'euros, ont déjà maintenant des surcapacités de 20pc, le mal ne ferait qu'empirer avec un temps de travail plus élevé. «Der Spiegel» cite un manager de VW anonyme selon lequel dans un tel cas la fermeture d'une usine de montage serait «quasi inévitable». Et l'hebdo enchaîne que «l'usine de Bruxelles est considérée comme la plus vulnérable». Le transfert de production qui suivrait une telle fermeture pourrait alors rendre plus rentables les usines allemandes. Mais le périodique objecte lui-même que «jusqu'à maintenant Forest a des coûts sensiblement moins élevés que l'usine de Wolfsburg. Pourquoi alors vouloir produire encore plus de voitures sur le site le plus cher du groupe?»

En juillet dernier, où on avait déjà ventilé la rumeur de la fermeture de Forest, Wolfgang Bernhard avait dit: «Pour l'instant, nous n'avons pas l'intention de fermer des usines en Europe. Nous allons explorer toutes les autres possibilités.» Cela semble toujours bon. En fait, la radiation d'un site entier coûterait très cher en plans sociaux. Hier le chef de la marque VW a confié au périodique «Autogramm» distribué au personnel que «plusieurs» unités de composants sont menacées. D'une autre source, on apprend que deux tiers des usines de composants de Hanovre, Kassel, Brunswick et Wolfsburg ne seraient pas compétitives. La fonderie de Hanovre serait vendue ou fermée. En tout, 20000 emplois sont sur la sellette.

© La Libre Belgique 2006