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Depuis qu’elle a vu le jour en 2016, la start-up foodtech YouMeal n’a pas changé sa vision d’un iota : informer au mieux les consommateurs sur ce qu’ils mangent, en particulier lorsqu’ils se rendent dans des lieux de restauration collective (cantines d’entreprises, maisons de repos, clubs de vacances, etc.), dans la grande distribution (qui vend de plus en plus des plats préparés) ou, plus récemment, sur des plateformes en ligne de livraison de repas à domicile ou tous autres lieux. Informer les consommateurs non seulement sur la composition nutritionnelle des aliments et des recettes, mais aussi sur l’empreinte environnementale de ce qui leur est proposé à table.

YouMeal, dont le projet a été inspiré par le travail de fin d’études de Sophie Flagothier, a continuellement investi une part importante de ses moyens financiers en R&D. Après une première levée de fonds de 800 000 euros en 2017 auprès de trois investisseurs (Sambrinvest, Scale Up et l’ancien patron du groupe Delhaize Pierre-Olivier Beckers), la start-up du Brabant wallon a pu compter sur le même trio pour réinjecter, l’an dernier, 600 000 euros afin d’améliorer ses outils logiciels et soutenir son déploiement commercial. "Pour permettre à YouMeal de 'scaler', on a réécrit toute la technologie", explique Rémy Tasse, cofondateur et CEO. "Aujourd’hui, on a développé un algorithme d’intelligence artificielle (IA) qui nous donne un avantage compétitif par rapport à des outils existants." Avec un double effet en matière de croissance de l’activité : les clients auxquels la start-up s’adresse, à savoir les producteurs alimentaires et de repas (lesquels s’occupent de répercuter l’information des consommateurs finaux), comprennent beaucoup mieux la valeur ajoutée qu’ils ont en utilisant la plateforme de YouMeal. Et le déploiement de celle-ci auprès des clients, en fonction de leurs besoins, se fait plus rapidement.

La France s’y intéresse de plus en plus

Pour alimenter son algorithme de machine learning, YouMeal utilise une dizaine de bases de données, à la fois nutritionnelles (comme Nubel en Belgique) et environnementales (comme Agri-footprint). "On n’utilise que des bases de données fiables", insiste Rémy Tasse. "Notre IA va permettre d’enrichir ces données, en les complétant, et corriger les éventuelles erreurs." La jeune pousse va aussi récolter des données auprès des producteurs et du secteur de l’agroalimentaire. L’objectif est de pouvoir dresser la carte d’identité alimentaire de tout repas (micro et macronutriments, taux de sucre, allergènes, aliments sans gluten, plats végétariens ou à faible empreinte sur l’environnement, etc.) et, au moyen de différents outils de communication (recettes alternatives, tableaux de bord, notices, etc.), d’influencer les choix alimentaires des milliers de personnes qui mangent, par exemple, en restaurants d’entreprises.

Actuellement, grâce à des contrats noués avec des groupes ou institutions tels que Compass (plus de 300 sites de restauration collective en Belgique), Lunch Garden, BaxterStorey, UCLouvain et UNamur ou encore Orpea (résidences-services et maisons de repos), plus de 100 000 consommateurs sont déjà informés, quotidiennement, via YouMeal. Pour élargir son empreinte auprès des consommateurs, la start-up est aussi en train de tester une application mobile personnalisée. Dans la grande distribution, YouMeal accompagne notamment Delhaize pour les recettes proposées sur son site Internet.

Depuis environ deux ans, YouMeal commence aussi à toucher plusieurs groupes actifs sur le marché français (Club Med, Orpea…). "Notre ambition, elle est mondiale", confesse le CEO. Portée par une croissance de l’ordre de 20 à 30 %, l’aventure ne fait que débuter.

YouMeal, en bref

Société : YouMeal a été fondée en 2016 par Sophie Flagothier, Rémy Tasse et Jacques-Olivier Vandenhende.

Investisseurs : Sambrinvest, Scale Up et Pierre-Olivier Beckers.

Sitehhtps/::www.youmeal.io

Particularité : Sophie Flagothier, la tête pensante du projet, a travaillé sur le projet YouMeal durant plusieurs années avant la création de la société. Tout a en effet démarré dans le cadre du mémoire de fin d’études de cette bio-ingénieur de l’UCLouvain consacré à la valeur nutritionnelle des aliments et à leur empreinte sur l’environnement.