Zone euro: discussions sur un plan d'aide de 1.500 milliards

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Zone euro: discussions sur un plan d'aide de 1.500 milliards
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Le ministre des Finances s'est prononcé jeudi en faveur d'un doublement des capacités d'aide mises à disposition des pays de la zone euro, à 1.500 milliards d'euros, et a indiqué que des discussions en ce sens avaient actuellement lieu en Europe. "Je pense que ce serait un objectif tout à fait raisonnable de doubler les moyens" du Fonds de soutien de la zone euro, a indiqué M. Reynders, dans un entretien accordé à l'AFP. "Je pense que doubler le Fonds, la Facilité actuelle et le Mécanisme permanent pour l'avenir (qui la remplacera à partir de la mi-2013), ce serait la bonne logique", a-t-il précisé.

La zone euro s'est dotée en mai 2010, à la suite de la crise de la dette grecque, d'un plan de soutien aux pays qui seraient en difficulté atteignant au total 750 milliards d'euros de prêts ou garanties de prêts. Il est constitué d'un Fonds de garanties de prêts de 440 milliards d'euros apportées par les pays de la zone euro, de 250 milliards de prêts du Fonds monétaire international et de 60 milliards d'euros de prêts de l'UE. Si l'idée du doublement est retenue, "ça voudrait dire doubler les garanties (de la zone euro), qui étaient jusqu'à présent de 440 milliards", a expliqué M. Reynders.

Et, étant donné que le dispositif total mis à disposition des Etats est actuellement de 750 milliards d'euros, "si nous prenons la même démarche, en doublant, on (...) arriverait à 1.500 milliards d'euros", a-t-il ajouté. Interrogé pour savoir si les discussions en cours en Europe portaient sur ces montants, M. Reynders a répondu: "tout à fait". "La Commission européenne, la Banque centrale européenne commencent à évoquer ce genre de possibilités également" dans le cadre de ces discussions, a-t-il ajouté. "Il faudra à un moment donné qu'on s'engage clairement à avoir les poches suffisamment profondes pour qu'on ne puisse pas spéculer" sur les marchés, a-t-il argumenté.

Les responsables européens ont engagé un débat sur le renforcement des capacités de prêts du Fonds de secours de la zone euro, afin de rassurer les marchés, alors que le Portugal, voire l'Espagne, la Belgique ou l'Italie sont dans le collimateur des investisseurs. M. Reynders a plaidé par ailleurs pour que les pays s'engagent, en contrepartie de l'augmentation du Fonds, à réduire leurs déficits plus que prévu pour les années à venir. "Il faut vraiment qu'en parallèle les Etats de la zone euro s'engagent à réaliser des objectifs meilleurs que (prévu dans) leurs programme de stabilité" à la Commission européenne, qui contiennent leurs engagements de déficit à moyen terme. "Car sinon je crois qu'on ne convaincra pas, et je les comprends, mes collègues allemands ou néerlandais", particulièrement attachés à la rigueur budgétaire, a-t-il dit.

"Je crois que chaque année on doit montrer qu'on est capable de faire plusieurs dizièmes de points (de pourcentage) de mieux que ce qui était prévu", à l'image de la Belgique, qui a réalisé un déficit de 4,6% au lieu de 4,8% prévus, et table sur moins de 4% en 2011 au lieu de 4,1% prévus, a-t-il détaillé.

Enfin, "pour être sûr que quand un Etat s'engage (....), cet engagement soit suivi d'effets à tous les niveaux de pouvoir, que les régions, les autorités locales, tout le monde suive", M. Reynders a également plaidé pour la "mise en place des cadres budgétaires nationaux", à l'intérieur même des Etats, avec des engagements contraignants à chaque niveau de pouvoir. Le ministre belge des Finances a indiqué souhaiter qu'une discussion ait lieu sur l'ensemble de ces sujets dès une réunion des ministres des Finances de la zone euro lundi, puis lors du prochain sommet des dirigeants européens le 4 février.

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