La menace de bulles qui risquent d’éclater

"C’est sûr, nous voyons déjà la formation de bulles potentielles aux Etats-Unis sur les marchés financiers et dans l’immobilier américain. Les bulles sont comme une pendule, nous l’entendons faire tic-tac, mais nous ne savons pas à quelle heure elle va s’arrêter."

La menace de bulles qui risquent d’éclater
©AFP
Stéphanie Fontenoy

Comment ne pas être inquiet, comme le prix Nobel d’économie Robert Schiller, devant l’envolée de la bourse de New York, alors que l’Américain moyen se sent de moins en moins riche ? L’année 2013 a été la meilleure pour Wall Street depuis 1997, l’indice Dow Jones des actions, grimpant de quelque 30 %. "Je suis préoccupé par la hausse du marché boursier américain alors que notre économie est encore faible et vulnérable", expliquait l’économiste américain en décembre dernier, soulignant la surévaluation des actions technologiques et financières (voir ci-contre).

Un risque que le monde financier outre-Atlantique n’ignore pas, mais qui ne serait imminent à ses yeux. La question est récurrente de la part des clients de Goldman Sachs. "Sommes-nous en phase de bulle ? C’est le grand thème en ce moment. Nos clients veulent savoir s’ils doivent s’inquiéter d’une rechute de l’économie. Notre recommandation est qu’ils restent totalement investits sur les marchés. La bulle n’est pas pour maintenant", croit savoir Sharmin Mossavar-Rahmani, directrice des investissements chez Goldman Sachs. Raisons évoquées : le crédit n’est pas excessif, il y a encore peu de liquidités dans le système et la réputation des Etats-Unis souffre encore de la crise, ce qui minimiserait les excès. On peut ajouter que pour l’instant, le marché est toujours surveillé de très près par la Banque centrale.

Reste que la menace de nouvelles bulles est présente à l’esprit des responsables de la banque d’investissements Keefee, Bryette&Woods, comme son directeur de recherche, Frederick Cannon, qui ironise sur le sujet : "La bulle en elle-même n’est pas un problème. Quand elle survient, c’est plutôt amusant (fun, sic). C’est la fin de la bulle qui pose problème. C’est sûr, nous voyons déjà la formation de bulles potentielles aux Etats-Unis sur les marchés financiers et dans l’immobilier américain. A San Francisco, les prix des logements sont plus élevés aujourd’hui qu’ils ne l’étaient en 2007, avant l’explosion de la bulle. Les bulles sont comme une pendule, nous l’entendons faire tic-tac, mais nous ne savons pas à quelle heure elle va s’arrêter." 

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