Construire durable ? Oui mais…

Les économies d’énergie ne sont pas toujours une priorité. Plusieurs enquêtes, liées à Batibouw, le montrent.

Construire durable ? Oui mais…
©Photo News
Berger Solange

Rendez-vous incontournable du secteur de la construction, Batibouw ouvre ses portes, ce jeudi aux professionnels, ce samedi au grand public (voir notre supplément "Libre Immo"). L’occasion notamment de présenter des nouveautés, de proposer des offres intéressantes, de fournir des renseignements ou encore de sonder le candidat bâtisseur ou à la rénovation. Et là, cette année, nous avons été particulièrement gâtés ! Chacun y est allé de son étude pour cerner le comportement du Belge. Quelques exemples.

Grâce à Reynaers Aluminium (fenêtres, portes, murs...), on apprend que 79 % des Belges ont opté pour la rénovation et non la construction neuve à cause du coût de cette dernière et du prix du terrain. Parmi les 500 Belges ayant des projets concrets de construction ou d’achat d’un logement ou ayant récemment construit, acheté ou rénové, plus de la moitié sont inquiets quant à l’avenir du bonus logement et à l’obtention d’un emprunt à la banque.

La question du coût revient également dans une étude de Maisons Blavier. Pour de nombreux ménages, les nouvelles réglementations imposées par les Régions pour atteindre l’objectif de l’Union européenne consistant à ne bâtir à partir de 2020 que des habitations quasiment zéro énergie constituent une charge supplémentaire qui vient alourdir le coût déjà conséquent pour respecter les normes de 2013. D’après cette enquête menée fin 2013 auprès de 500 ménages belges ayant des projets immobiliers, seuls 16 % seraient disposés à investir davantage dans les sources d’énergies renouvelables. L’étude montre également que 45 % des personnes sondées ne connaissent ni les obligations ni les objectifs de performance énergétique; une sur quatre ne sait même pas ce que signifie le niveau E d’une habitation; et un quart estime les obligations et objectifs irréalistes. Ceux qui investissent dans un système efficient en énergie le font pour préserver le climat (63 %) et parce qu’ils récupèrent leur investissement à terme (32 %).

Méconnaissance des normes énergétiques

Les économies d’énergie sont aussi au centre d’une étude menée pour le compte de Xella (matériaux de construction) auprès de 240 ménages ayant réalisé ou envisageant des travaux de rénovation. Avec des résultats quasi identiques : 20 % ne connaissent pas les normes énergétiques. L’étude révèle aussi que, faute de moyens financiers notamment, l’efficience énergétique n’est pas la priorité. Ainsi, le propriétaire qui rénove son logement investit avant tout dans les murs (peintures et papiers peints, 77 %), l’installation d’une nouvelle salle de bains (44 %) ou d’une nouvelle cuisine (40 %).

Enfin, mentionnons une enquête réalisée, pour le compte de Stûv (poêles, foyers, cheminées) auprès de 1000 ménages. On y découvre qu’un Belge sur quatre aurait un foyer ou un poêle à bois ne répondant plus aux nouvelles normes relatives à la qualité de l’air. Mais trois quarts d’entre eux, même s’ils sont conscients des risques de pollution et de l’impact sur l’environnement et savent qu’un poêle récent est écologique, ne sont pas prêts à en changer. Quatre sur dix l’envisageraient cependant s’ils pouvaient bénéficier… d’une prime.Solange Berger