"Un fonds de garantie pour tous les loyers"

Selon la FGTB, les locataires devraient verser leur garantie, fixée à deux mois, sur un seul fonds à Bruxelles.

"Un fonds de garantie pour tous les loyers"
©bureaux régionaux
Meulders Raphaël

C’est un chiffre qui interpelle. D’après le syndicat socialiste, près de trois Belges sur quatre ne possèdent pas d’épargne de précaution, soit des fonds propres suffisants pour faire face à des dépenses imprévues. "On parle de l’équivalent d’un mois de revenu, soit entre 1 200 et 3 000 euros, explique Philippe Van Muylder, le secrétaire général de la FGTB-Bruxelles. Payer une garantie locative, souvent entre deux à trois mois de loyer, est donc l’un des nombreux freins qui empêchent les Bruxellois d’accéder au logement."

Pour surmonter cette barrière, le syndicat socialiste propose de créer un fonds de garantie locative unique à Bruxelles. "Concrètement, tous les locataires de la capitale devront verser un montant équivalent à deux mois de loyer sur ce fonds. La logique est assurantielle, avec une gestion comparable à celle de la sécurité sociale." Ce fonds interviendra donc pour couvrir d’éventuels dégâts locatifs, indemniser le propriétaire en cas de retard de paiement du locataire, mais aussi avancer le montant de la garantie ou permettre un étalement pour ceux qui ont des difficultés financières. L’idée est aussi d’assurer la portabilité des garanties. "Si j’ai payé une garantie, par le jeu de ce fonds, le remboursement va tomber avant de signer un nouveau bail, poursuit M. Van Muylder. A l’heure actuelle, certains propriétaires se font tirer l’oreille pour rembourser ces montants."

Le secrétaire général le reconnaît : lancer un tel projet peut sembler risqué alors que les taux bancaires sont au plancher "Mais c’est jouable. On ne va pas uniquement se baser sur les intérêts, mais aussi sur la masse critique des dépôts. C’est une mutualisation, avec une rotation constante, comme la sécurité sociale. On n’est pas dans une pyramide de Ponzi" (NdlR : montage financier frauduleux où les derniers entrants sont les grands perdants).

"Pas de mesures à la Fidel Castro avec Céline Fremault"

Mais qui va gérer ce fonds ? "Notre désir serait de mettre en place un organisme public", insiste le syndicaliste. "Mais il faut être réaliste. Vu les règles européennes, cela va être très compliqué. Donc, nous pensons à lancer un marché public, pour qu’un acteur privé, une banque sur la place de Bruxelles, puisse gérer ce fonds."

Selon la FGTB, le gouvernement bruxellois, qui veut instaurer un fonds de ce type mais "uniquement destiné aux bénéficiaires des CPAS", est "beaucoup trop timide" sur le sujet. "C’est une erreur de se concentrer sur les publics à risques. D’une certaine manière, on stigmatise aussi les bénéficiaires du CPAS." Selon la FGTB, en voulant "à la fois améliorer le droit des locataires et ceux des propriétaires", la majorité bruxelloise se trouve "face à la quadrature du cercle". "Le propriétaire aura toujours intérêt à louer son appartement le plus cher possible alors que le locataire veut un loyer modéré, explique le secrétaire régional. Il y a un blocage idéologique fort sur le sujet." Le syndicat socialiste n’en abandonne pas pour autant "son combat" pour une limitation des prix des loyers.

"Pour l’instant, c’est le marché, la main invisible, qui fixe les montants. On voudrait que les loyers soient contrôlés. Mais il faut être réaliste : on est dans un contexte fermé. Ce n’est pas avec Céline Fremault (NdlR : ministre bruxelloise en charge du Logement) qu’on va avoir des mesures à la Fidel Castro", conclut M. Van Muylder.