"Des prix surévalués", "ils ne diminueront jamais" : les Belges peu optimistes face à l'évolution du marché immobilier

La dernière enquête d'ING fait part de l'inquiétude des Belges face aux prix grandissants du marché de l'immobilier.

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François Thys

L'immobilier fait beaucoup parler de lui. Depuis l'éclatement de la crise du Covid-19, les prix ont explosé pour tous les biens, et dans toutes les régions. Et les Belges ne se montrent pas optimistes quant à la suite des événements. Selon une enquête menée par la banque ING auprès de 1 000 Belges, huit personnes sur dix pensent que les prix vont continuer à augmenter. "Une majorité d’entre eux (62 %) affirment également que les prix actuels de l’immobilier sont surévalués. L’enquête ING – menée également aux Pays-Bas, en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni – révèle que ce même sentiment est partagé dans ces quatre pays", informent les auteurs de l'étude.

Cette hausse continue a également des répercussions sur la vision à long terme du marché. Désormais, 59 % des citoyens estiment que les prix de l'immobilier ne diminueront tout simplement jamais, "soit une augmentation de 11 points de pourcentage par rapport à 2020".

Des hausses inégales

Pour Steven Trypsteen, économiste chez ING, les prix devraient grimper de 7 % sur l'ensemble de l'année 2021. Pourtant, de manière surprenante, la hausse des prix a connu un coup d'arrêt en début d'année. "La croissance des prix au premier trimestre de 2021 s’est ralentie pour atteindre 0,3 % alors qu’elle atteignait 3,5 % au quatrième trimestre de 2020. Comparés au premier trimestre 2020, les prix ont toutefois fortement augmenté (+9,1%)", indique encore ING, après avoir analysé les données de Statbel.

Un phénomène qui met en avant des disparités entre les trois Régions du pays. "En Flandre, le prix médian a augmenté de 1,1 % par rapport au dernier trimestre de 2020, tandis que les prix ont baissé de 1,2 % en Wallonie et de 1,4 % dans la région de Bruxelles-Capitale."

Les jeunes, vraiment en difficulté ?

Le climat actuel devrait également peser sur les jeunes acheteurs : 72 % des sondés estiment que les jeunes auront plus de mal à devenir propriétaires dans les trois prochaines années. Une position qui tranche avec les données actuelles, puisque "les chiffres de la Banque nationale de Belgique montrent que la proportion de jeunes (21 à 35 ans) qui ont contracté un prêt hypothécaire en 2020 et ont donc pu devenir propriétaires est restée stable, à seulement un sur trois (35%)". En 2020, 70 % d'entre eux n'empruntaient qui plus est que pour 90 % de la valeur du bien qu'ils achètent, contre 50 % en 2019. "Cette tendance semble indiquer que les parents ou les grands-parents ont apporté une aide financière à leurs enfants ou petits-enfants."

Toutes catégories d'acheteurs confondues, les critères du logement idéal ont également évolué. "Les Belges veulent une habitation plus grande, de meilleure qualité et mieux située. Un Belge sur trois déclare que l’espace extérieur est devenu plus important." Le télétravail généralisé pèse également dans la balance, puisque "pour près d'un Belge sur quatre (23 %) c’est avoir une bonne connexion internet qui est désormais un 'must'".

"Il est intéressant de noter que les préférences en matière de logement dans d’autres pays d’Europe occidentale ont évolué de manière très similaire à celles de la Belgique. En Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, les trois caractéristiques qui ont obtenu le plus d’importance sont identiques à celles de la Belgique : une bonne connexion Internet, plus d’espace extérieur et une maison dans un quartier agréable avec des voisins sympathiques", analyse Steven Trypsteen.