Crédits hypothécaires : un deuxième trimestre exceptionnel

Jamais auparavant le secteur n’a accordé autant de crédits hypothécaires au cours d’un deuxième trimestre.

Crédits hypothécaires : un deuxième trimestre exceptionnel
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C.M.

Ce n’était pas très compliqué pour les principaux pourvoyeurs de crédits hypothécaire de faire un meilleur deuxième trimestre 2021 sachant qu’une bonne partie (40 jours sur 90) du deuxième trimestre 2020 avait été placée sous le signe du lockdown. Qu’il y ait eu 37 % de crédits octroyés en plus que l’année précédente n’est pas étonnant. Si l’Union professionnelle du crédit (UPC) juge que ce deuxième trimestre 2021 est néanmoins exceptionnel – 73 500 crédits octroyés, du jamais vu pour un deuxième trimestre, pour un montant de quelque 11 milliards d’euros, hors refinancements externes –, c’est qu’il poursuit une tendance déjà considérée comme solide depuis octobre 2020. Mais surtout qu’il l’est plus qu'en 2019, année “normale” : plus de 5 % de crédits octroyés en plus.

Que dire alors des montants octroyés, qui sont très largement à la hausse : 46 % de plus par rapport au deuxième trimestre 2020. Cela ne veut bien entendu pas dire que le montant moyen des crédits a opéré un bond similaire, mais il a néanmoins augmenté. Pour l’achat d’un logement existant, qui est le produit phare sur le marché immobilier belge, le montant moyen d’un crédit oscille autour de 182 500 euros, soit une augmentation de 23 000 euros (+14,5 %) par rapport à début 2019. Pour une construction neuve, un segment qui a véritablement cartonné cette année, il a atteint 206 000 euros, soit 38 000 euros de plus que début 2019 (+22 %). Pour un achat couplé à une rénovation, on est à 207 000 euros, soit une hausse d’environ 12 500 euros (+6,4 %).

Privilégier la sécurité et la fixité à des taux très bas

Il faut dire que les candidats emprunteurs avaient rongé leur frein pendant les confinements. Mais ils se sont d’autant plus lâchés que les taux sont restés bas, oscillant en mai entre 1,33 % pour des taux fixes sur plus de 10 ans et 2,10 % pour des crédits assortis d’une période initiale de fixité entre un et cinq ans.

Pas de quoi inciter les emprunteurs à se lancer dans des taux variables annuellement (moins de 0,5 % d’entre eux), pas même dans des formules triennales ou quinquennales (un peu plus de 6,5 %). Dans une très large proportion (près de 93 %), ils ont opté pour un taux d’intérêt fixe ou un taux d’intérêt variable assorti d’une période initiale de fixité de minimum 10 ans.

À noter que ces taux bas ont également encouragé les emprunteurs existants à analyser leur contrat et à opérer un refinancement : non moins de 12 500 refinancements externes (dans un autre organisme de prêt que celui où a été conclu le prêt initial) ont été octroyés (40 % de plus qu’au deuxième trimestre 2020) pour un montant total de presque 1,7 milliard d’euros.

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