Toujours plus de Belges achètent en Espagne, mais les prix augmentent

L’agence spécialisée Azull observe également une hausse des prix de l’immobilier espagnol.

Toujours plus de Belges achètent en Espagne, mais les prix augmentent
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L’agence immobilière belgo-espagnole Azull, qui compte quatre bureaux, deux en Belgique, à Anvers et Braine-l’Alleud, et deux dans la péninsule ibérique, à Murcie et Marbella, est spécialisée dans la vente de maisons et appartements en Espagne à un public de seconds résidents belges.

Chaque année, elle relaie les dernières statistiques ayant trait à l’immobilier de loisir en Espagne afin d’offrir une vue complète du marché à ses clients potentiels.

Mouvement de rattrapage

En ce début avril 2022, Azull a fait le point sur l'année écoulée. Selon les chiffres officiels des autorités publiques espagnoles, 564 5​70 propriétés ont été vendues en Espagne en 2021, dont 60 970 à des étrangers. "C'est plus que l'année précédente : en 2020, le total était de 418 890, dont 46 050 à des étrangers", relève Azull dans un communiqué.

Parmi ces aficionados de la brique de villégiature espagnole, Azull recense 3 410 Belges – de quoi l'amener à calculer que près de dix biens ont été achetés chaque jour par des Belges en Espagne en 2021. "Cela représente une augmentation de 12 % par rapport à 2020, où ils étaient 3 040", indique Azull, qui souligne "une résurgence considérable" de l'intérêt de nos compatriotes pour l'immobilier espagnol, "même si l'on est encore loin de l'année record 2018, lorsque 4 108 Belges avaient réalisé leur rêve de devenir propriétaire en Espagne".

La pandémie de Covid-19 a joué un rôle, estime l'agence. "Pendant les restrictions de voyage, nous avons remarqué une diminution générale des ventes de biens immobiliers en Espagne. Les gens avaient peur de la crise sanitaire et de l'incertitude qui l'accompagnait. De plus, personne n'a envie de se promener avec un masque buccal par 37 degrés. Les restrictions ont maintenant disparu et nous constatons que bon nombre de candidats acquéreurs franchissent le pas", développe Marleen De Vijt, directrice d'Azull, citée dans le communiqué, qui pointe un "mouvement de rattrapage" l'an dernier.

Hausse des prix

En matière de prix, la moyenne pour l'achat d'une seconde résidence en Espagne en 2021 atteint 179 887 euros, gagnant 8 % par rapport à 2020. Cette tendance haussière se poursuit pour la septième année consécutive, rappelle Azull. "Nous nous y attendions, mais cette forte augmentation est tout de même surprenante, souligne Marleen De Vijt. Avant la crise sanitaire, les prix avaient légèrement baissé en raison d'une offre excédentaire, mais ce n'est plus le cas. L'offre limitée, combinée à la hausse des prix des matériaux de construction, entraîne désormais une augmentation des prix de l'immobilier en Espagne."

Pas de quoi, toutefois, freiner l'appétit des Belges pour la péninsule ibérique, tempère l'agence. Selon Marleen De Vijt, "la demande en biens immobiliers espagnols reste très élevée : nous recevons quotidiennement des Belges à la recherche d'une résidence secondaire ou même désireux de s'installer définitivement en Espagne". Et de confier s'attendre à ce que cet empressement perdure en 2022. "Il n'est pas illogique que les Belges soient attirés par l'Espagne : pour le même bien, vous payez 250 000 euros ici, contre seulement 180 000 euros en Espagne. En outre, la TVA sur les nouveaux bâtiments n'est que de 10 % en Espagne tandis qu'elle est de 21 % en Belgique. De plus, les droits d'enregistrement [prélevés sur une seconde résidence] en Belgique sont de 12,5 % (à Bruxelles et en Wallonie) ou de 12 % (en Flandre) alors qu'en Espagne, ils sont même réduits dans certaines régions", compare-t-elle.

La Costa Blanca plébiscitée

Pour ce qui est des destinations phares, c'est encore et toujours la Costa Blanca qui l'emporte dans le coeur des Belges en 2021 puisque 1 370 de nos compatriotes y ont acquis un bien. "La région d'Alicante reste de loin la plus populaire auprès des Belges", salue Azull, qui note cependant que la Costa del Sol tente de la rattraper avec 815 nouveaux propriétaires belges en 2021. Par le passé, la tendance voulait que la Costa Blanca attire toujours deux fois plus de Belges que la Costa del Sol. "La Costa Blanca a longtemps été bien moins chère que la Costa del Sol, mais depuis quelques années, les prix de l'immobilier y augmentent. Par conséquent, les Belges se tournent désormais davantage vers la Costa del Sol car la différence de prix se réduit", explique Marleen De Vijt.

L’impact de la guerre en Ukraine

Une question reste en suspens, qui est susceptible de chahuter les ventes sur le marché immobilier espagnol, c'est l'impact de la guerre en Ukraine. Lequel serait limité, rassure Azull, puisque, sur les 60 970 biens acquis par des étrangers en 2021, 2 % seulement l'ont été par des Russes. Un chiffre en baisse depuis l'année record 2014. "Les Russes achètent principalement dans la région d'Alicante et sur la Costa del Sol, dans le segment supérieur de 2 millions d'euros ou plus. Actuellement, cette offre affiche une pénurie. Cela signifie que les propriétés dans cette gamme de prix trouveront rapidement d'autres acquéreurs. Les Allemands, les Français et les Néerlandais, notamment, sont de plus en plus intéressés par ce type de biens", conclut Marleen De Vijt.