Trevi Trust Monitor : la confiance des agents résiste même si la demande sur le marché faiblit

Le baromètre trimestriel mesurant la confiance des agents immobiliers du réseau Trevi vient de paraître.

Sans grande surprise, ce sont les appartements deux chambres qui portent prioritairement la demande sur le marché locatif.
Sans grande surprise, ce sont les appartements deux chambres qui portent prioritairement la demande sur le marché locatif. À gauche de la photo : Kim Ruysen, Managing Director de Trevi. ©D.R.

Le soufflé post-Covid semble, cette fois, vraiment retomber. Pas tant au niveau des prix de vente, qui restent toujours égaux ou supérieurs à ceux annoncés, qu’au regard de la demande qui semble, enfin, abandonner son allure de rush.

En effet, si, pour la moitié des 35 agences du réseau Trevi, la demande est toujours aussi forte qu’elle l’était en début d’année, pour l’autre moitié, elle a faibli. Sans toutefois casser la confiance qu’elles ont envers le marché immobilier : au premier trimestre 2021, le Trevi Trust Monitor, ce nouveau baromètre de la confiance des agents immobiliers du réseau, était à 102,5 points ; au deuxième trimestre, il est passé à 103,1 points.

Moins de candidats-acheteurs sur le marché

"Le fait que la demande faiblisse n'impacte pas les prix, insiste Kim Ruysen, le CEO de Trevi depuis le 1er septembre dernier. Il n'y a peut-être plus que deux ou trois candidats-acquéreurs sur un même bien quand il y en avait encore dix il y a quelques mois, mais ils se battent avec la même énergie et le niveau de prix se maintient." Une partie des amateurs a en effet levé le pied dans leur quête de biens : ceux pour qui les prix sont devenus trop élevés et ceux qui s'inquiètent de l'augmentation continue, quasiment hebdomadaire, des taux d'intérêt hypothécaires. "Mais ceux dont leur budget le leur permet sont toujours là, ajoute l'expert, tout comme les investisseurs, par manque d'alternatives en banque ou en Bourse, et que le boom de l'indexation n'inquiète pas puisqu'ils savent que les loyers sont indexés."

Autre preuve d'un léger relâchement de la pression sur le marché : l'allongement des délais de vente. "Les biens ne sont plus inondés d'une centaine de visites comme avant, mais en suscitent entre dix et quinze, ajoute le CEO de Trevi. Cela ne signifie pas qu'ils ne se vendent pas, mais qu'ils restent plus longtemps sur le marché; jusqu'à six ou huit semaines." Un constat qui ne vaut toutefois pas pour l'ensemble du territoire. "À Gand ou à Louvain, pour peu que le bien soit en bon état et que la localisation tienne la route, la demande reste très forte et les prix donnés dépassent largement les prix demandés. Mais c'est parce que ce type d'offre est toujours aussi rare."

Par contre, et le réseau Trevi le constate pour les trois Régions du pays, les biens nécessitant des travaux n'ont plus la cote. "Au sortir du Covid, pour les candidats-acquéreurs, seuls comptaient la localisation et la présence d'un jardin, sourit Kim Ruysen. Aujourd'hui, ils regardent le PEB, s'inquiètent de la consommation, vérifient que leur budget les autorise à se lancer… Cette tendance était déjà palpable fin de l'année dernière, quand les coûts de construction ont explosé, mais elle s'est fortement accélérée au deuxième trimestre, dans la foulée de la hausse du crédit logement."

Dans son Trevi Trust Monitor, le réseau analyse aussi les types de biens sur lesquels porte prioritairement la demande. Sans grande surprise, il s’agit des appartements deux chambres sur le marché locatif, des studios et appartements une chambre dans le chef des investisseurs, et des maisons trois chambres sur le marché acquisitif, ciblées par un public de familles.

Mais peut-être cette répartition de la demande est-elle faussée par le fait que le taux de pénétration du réseau est fort en Wallonie (20 agences) et à Bruxelles (5, plus 2 de niveau national), mais faible en Flandre (8). "Notre couverture géographique n'est pas complète et notre baromètre capte peut-être moins les sensibilités flamandes", répond Kim Ruysen. Par contre, ce n'est pas parce que le réseau Trevi n'aligne pas une centaine d'agences, à l'instar de ses homologues Era ou Century 21, que son analyse de la confiance des agents immobiliers basée sur ses seules 35 agences ne serait pas valable. "Nos agences sont grandes, conclut-il. Bon nombre affichent un chiffre d'affaires annuel supérieur à 2 millions d'euros. Ensemble, l'an dernier, le réseau a conclu quelque 4 120 ventes ! Ce qui donne du poids à notre Trevi Trust Monitor."

De tout nouveaux bureaux avenue Louise

Il n'empêche, son CEO ne rechignerait pas à gagner des franchisés en Flandre. C'est d'ailleurs sans doute aussi pour cela que les bureaux du groupe ont déménagé avenue Louise (au n° 200), dans des locaux nouvellement rénovés, où l'accent digital sera mis en avant (écrans en vitrine et sur un des murs), de même que l'hospitalité (tables hautes accueillantes…). "Il faut que les passants et clients n'hésitent pas à pousser la porte, s'enthousiasme-t-il, pour s'informer, signer un bail ou un compromis, assister à une AG de copropriété… Mais ce qui comptait aussi c'était de remplacer l'apparence de vieille dame de Trevi par une image moderne."