"Un déplacement inégalé à ce jour" : en 2021, 37 300 Bruxellois ont déménagé en Flandre et en Wallonie

Un chiffre inégalé à ce jour. Et c’est la Flandre qui l’emporte avec plus de 24 000 nouveaux arrivants.

C.M.
"Un déplacement inégalé à ce jour" : en 2021, 37 300 Bruxellois ont déménagé en Flandre et en Wallonie
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On connaissait la quête frénétique de verdure et d’espace après les affres du premier confinement. L’aile flamande de la Confédération des immobiliers de Belgique (CIB) l’a mesurée sur la base des chiffres du SPF Intérieur. L’an dernier, près de 24 000 Bruxellois ont quitté la capitale pour s’installer en Flandre. Et plus de 13 300 se sont dirigés vers la Wallonie.

Un déplacement inégalé à ce jour, en hausse de près de 12 % sur un an. Et cela, alors que, dans les années antérieures, la hausse – ou la baisse d’ailleurs – tournait plutôt autour des 1 ou 2 %, ne dépassant pas les 5-6 %.

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Effet Covid, mais pas que…

La CIB Vlaanderen y voit bien entendu un "effet coronavirus", lié à une demande accrue de jardin et de terrasse. Mais convient aussi d'un effet de rattrapage. "Depuis 2011, le nombre de résidents bruxellois s'installant en Flandre a augmenté de manière systématique. Au cours de l'année 2020, très logiquement, il y a eu une certaine baisse."

Mais la tendance à la hausse a bien repris depuis lors puisque, cette année, au cours des seuls cinq premiers mois, près de 10 000 Bruxellois ont déménagé en Flandre. La confédération des courtiers rappelle en effet qu’un déménagement ne peut s’envisager que quatre mois après la signature du compromis de vente. Et qu’il y a eu une telle ruée sur les maisons et appartements en 2021 que certains ont attendu de longs mois avant de pouvoir enfin être exaucés dans leur recherche. L’organisation pointe aussi, bien sûr, un effet immobilier : les prix forts de la capitale rebutent, poussant les candidats acquéreurs et locataires vers la périphérie.

À quoi s'ajoutent des facteurs fiscaux. Du moins pour ce qui est de l'exode vers la Flandre. "La réduction des droits d'enregistrement à Bruxelles à partir de 2023 arrive manifestement trop tard", suggère-t-elle. La Flandre n'exige, depuis cette année, que 3 % de droits d'enregistrement pour un logement qui va être occupé par son acquéreur (6 % auparavant), alors que Bruxelles propose un abattement (zéro impôt) sur les premiers 175 000 euros et, à partir de 2023, sur les premiers 200 000 euros, pour autant que le prix global soit inférieur à, respectivement, 500 000 et 600 000 euros. "Une évolution positive", indique la CIB Vlaanderen, qui se demande toutefois si "cela va ralentir l'exode de Bruxelles", en hausse année après année depuis dix ans.

Bruxelles attire aussi

Ce déplacement hors les murs de Bruxelles est peut-être le principal mouvement, mais pas le seul. La capitale bénéficie également de quelques arrivées (15 750, de quoi compenser 42 % de l'exode). Des Flamands sont aussi passés en Wallonie (entre autres pour des prix du foncier et de la brique plus attractifs), et vice-versa (vers la Côte, par exemple). "2021 a été une année record pour les relocalisations. Pas moins de 68 940 personnes se sont déplacées entre les trois Régions. Les plus fortes délocalisations depuis 2010", insiste la CIB Vlaanderen. Car, en 2009, il y en a eu plus. Mais, cette année-là, Bruxelles était davantage dans la séduction, ayant attiré à elle près de 22 000 Flamands et Wallons…