Immo

C’est ce qui ressort d’un sondage du Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat.

Mi-mai, le Syndicat national des propriétaires et copropriétaires (SNPC) s’est prêté à l’exercice à l’échelle de la Wallonie, assurant livrer une version bruxelloise avant la fin de l’année. Le Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat (RBDH) n’a pas attendu cette échéance pour se plonger dans les calculs : il vient de rendre sa comparaison entre les loyers réellement pratiqués dans la capitale et ceux prônés par le gouvernement bruxellois dans sa grille indicative de référence des loyers. Fort de ses associations membres, le RBDH a testé les loyers de près de 300 logements et son constat est sans appel : “l’idée du gouvernement d’utiliser l’information pour convaincre le locataire et le propriétaire d’appliquer le loyer de référence ne fonctionne pas”.

En effet, près de 70 % (69,9 %) des loyers réels sont supérieurs au loyer de référence maximum, indique le RBDH dans un communiqué. “Nous constatons également que les loyers réels ne dépassent pas qu’un peu, mais fortement les loyers indicatifs”, se situant en moyenne 39 % au-dessus du loyer de référence maximum. Des chiffres que l’association qualifie d’“hallucinants”, déplorant le fait que “le marché locatif bruxellois [soit] gravement faussé”. Seuls 17,7 % des loyers réels figurent effectivement dans la fourchette indicative et 12,4 % sont inférieurs au loyer indicatif minimum.

© RBDH

Le croissant pauvre le plus touché

Plus grave encore, ce sont “les ménages à faibles revenus en particulier [qui] sont victimes de loyers élevés”, observe le RBDH. “Dans les quartiers populaires centraux (le croissant pauvre), la proportion de loyers supérieurs au loyer indicatif maximum est encore plus élevée : elle est de 78 %”. Et de lancer un appel au futur gouvernement bruxellois dans la foulée : “la grille ne doit pas être purement indicative mais doit avoir un impact réel sur les loyers. Les propriétaires qui exigent des loyers trop élevés doivent être contraints de les diminuer”. Pour ce faire, l’association plaide pour la mise en place d’une commission paritaire locative composée de représentants des locataires et des propriétaires et dotée du pouvoir de décision sur le juste loyer.