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Construire neuf est un rêve caressé par de nombreux ménages. Au printemps 2019, quel est le baromètre du marché, quelles sont les tendances architecturales, l’accès aux terrains ? Et qu’en est-il des normes à venir, toujours en mouvement ? Rencontre avec Maud Peduzy responsable commerciale et marketing chez T.PALM.

Maud Peduzy, comment se porte aujourd’hui le marché de la construction ?

Il est globalement bon. Il y a eu une petite montée des prix qui est en train de se stabiliser, mais ils devraient remonter endéans les douze mois car une augmentation du coût des matières premières (béton...) et de la main d’œuvre a été annoncée. Cette augmentation sera généralisée dans le domaine de la construction et devrait tourner autour des 7 ou 8%. Chez nous, nous essayons de la lisser au maximum afin qu’elle se ressente un minimum entre 2019 et 2020.

© T.Palm

Vous êtes actif en Wallonie. Existe-t-il des différences régionales en matière de construction ?

Oui, tout à fait ! En Flandre, les terrains sont rares et, de ce fait, on construit plutôt sur deux façades. En revanche, il reste encore pas mal de terrains en Wallonie. Il est donc encore possible de construire une quatre façades sans trop de problèmes. Excepté peut-être en Brabant wallon, où l’on voit de plus en plus de propriétaires raser une maison pour en reconstruire une autre sur le même terrain. C’est un choix intelligent sur le long terme car les vieilles maisons mal isolées sont un véritable gouffre financier en termes de charges, qu’il est difficile de maîtriser.

De nouvelles normes énergétiques sont-elles en cours ?

Oui, nous passerons prochainement à la norme Q Zen (Quasi Zéro Energie), aussi appelée NZEB (Nearly Zero Energie building). Nos maisons répondent déjà à cette norme qui sera d’application en 2021, si nos clients installent du photovoltaïque en toiture. Concrètement, il ne s’agit pas de maisons passives (dont les conditions sont extrêmement exigeantes et pour lesquelles le client n’atteint pas toujours l’optimum économique), mais de réduire l’énergie que nous consommons à travers des technologies telles que la pompe à chaleur, voire de la produire via des panneaux photovoltaïques. Les maisons NZEB seront en outre bien moins chères que les passives : comptez environ 20% d’économies.

Quelles sont aujourd’hui les tendances ? Que veulent les candidats-constructeurs ?

Des salles d’eau et des cuisines soignées, qui sont désormais des pièces de bien-être à part entière. Pour cette raison, nous proposons de base des équipements sanitaires super confortables, car nous savons que c’est ce que les clients veulent. La salle d’eau principale fait souvent partie d’une suite parentale avec chambre et dressing. La cuisine est quant à elle ouverte sur la pièce de vie. Les gens ont en effet envie de demeurer en contact avec leur entourage lorsqu’ils cuisinent ou reçoivent... Au niveau architectural, le crépi et le toit plat ont le vent en poupe, mais ce n’est pas toujours possible d’un point de vue urbanistique...

En façade, quelles sont les préférences ?

Il y a de nombreuses nouveautés chaque année au niveau des briques, qu’elles soient sans rejointoiement ou qu’il s’agisse de briques longues, par exemple... On note certaines différences régionales. Dans la province du Luxembourg, par exemple, c’est le crépi couplé aux ardoises naturelles qui l’emporte. A Liège, les briques grises et le crépi. Et en Brabant wallon, le style cottage, avec des briques peintes ou de style fermette. Chaque province possède son propre style. C’est pour cela que nous ne proposons pas de catalogue et que nous travaillons le sur mesure pour chaque client. En effet, chaque projet est unique chez T.PALM.

Quels conseils donneriez-vous à de jeunes candidats-constructeurs ?

Je leur dirais d’être très attentifs au choix du terrain. Il y a lieu de s’informer quant à sa nature (marécageux, présence d’une source ou autre) car la réalisation d’un radier pourrait alors s’avérer nécessaire et faire grimper le budget total. Il faut également se renseigner sur les prescriptions urbanistiques, afin d’éviter toute déception ultérieure. Il faut en outre étudier le cahier des charges avec minutie car certains constructeurs ne travaillent pas sur base du forfait absolu, comme T.PALM. Chez T.PALM, nous proposons un prix global afin que le client sache dès le départ où il va. Nous accompagnons également nos clients potentiels lorsqu’ils envisagent d’acheter un terrain : nous pouvons alors les conseiller et les orienter sur la nature de la parcelle, l’urbanisme... Dans tous les cas, il y a lieu de se tenir complètement informé avant de signer un contrat avec un constructeur ou un compromis de vente pour un terrain.

© T.Palm

T.PALM, qui existe depuis 1965, assure la construction de 150 maisons chaque année en Wallonie. Trois cents collaborateurs y travaillent. L’entreprise souhaite conserver cette « dimension humaine » tant dans sa gestion que dans sa philosophie. La firme travaille sans catalogue, et démarre chaque projet d’une feuille blanche, afin que le client puisse totalement exprimer sa créativité à travers sa construction. « Nos objectifs principaux sont de respecter le budget, les souhaits architecturaux et les envies des clients », conclut Maud Peduzy.