C’est du jamais-vu, en tout cas depuis que la fédération du notariat (Fednot) a commencé à enregistrer le nombre de transactions immobilières en 2007 : il n’y a jamais eu autant d’opérations réalisées en juillet-août en Belgique, souligne jeudi la Fednot. Alors que le marché avait connu une forte baisse durant les trois mois de confinement (jusqu’à -30 % en mai), la reprise, qui avait commencé en juin, s’est nettement fait sentir durant ces deux derniers mois, tant au sud qu’au nord du pays.

Réalité différente à Bruxelles

Par rapport à août 2019, le nombre de transactions dans notre pays a augmenté de 13,3 %. En Flandre et en Wallonie, le nombre de transactions a augmenté de respectivement 14,6 % et 15,1 %. La réalité est différente en région bruxelloise, où le nombre de transactions immobilières a diminué de 6,2 % par rapport à août 2019, précise Fednot.

Au niveau national, le marché immobilier n’est toutefois pas encore revenu à son niveau de 2019. La baisse est de 6,4 % de janvier à fin août 2020 par rapport à la même période de 2019.

D’après le "ressenti" du notaire Renaud Grégoire, l’absence de rebond à Bruxelles s’explique par plusieurs éléments. Un : "La conjoncture reste difficile." S’il y a une hausse en Flandre et en Wallonie, c’est d’abord un "phénomène de rattrapage" plus qu’en raison d’ une "euphorie particulière". Deux : Bruxelles est une grande ville où le "déblocage" de la situation est rendu plus difficile par certaines mesures comme le port du masque obligataire.

Le notaire Renaud Grégoire relativise aussi la baisse depuis 2019, qui avait été une année très active. "Globalement, le marché n’est pas en berne."

Trois : le marché bruxellois est en grande partie composé d’appartements, marché "moins porteur" depuis la période du confinement, où les maisons avec jardin ont la cote. Quatre : les investisseurs qui achètent des appartements comme placements se montrent prudents, d’autant que les banques ont resserré leurs conditions pour ce type d’acheteurs.

"Contraste" dans la construction

Réagissant au communiqué de Fednot, la fédération de la construction a de son côté tenu à dresser un bilan nettement moins positif. "Le contraste est fort si l’on compare avec les chiffres de la construction de nouvelles habitations. En effet, ce secteur a été fortement touché depuis le début de la crise du coronavirus. C’est logique, les Belges reportent leurs décisions importantes, comme la construction d’une maison, selon une enquête de la banque mobile allemande N26", souligne le communiqué. Pour restaurer un climat de confiance, la confédération plaide en faveur d’une baisse temporaire de la TVA sur certains types de constructions comme les appartements de 100 m2 maximum.