L'écart entre les régions s'accroît lui aussi : comptez 300.000 euros d'écart entre une maison "moyenne" dans le Hainaut et à Bruxelles... Les appartements ont grimpé de prix aussi, mais moins fort. Bilan.

En 2018, le Belge a dépensé, en moyenne, 251.584 euros pour une maison. Cela représente une augmentation non négligeable de + 4,7% par rapport à 2017. En tenant compte de l'inflation (+ 2,2% en 2018), l’augmentation s’élève à + 2,5%. "Il s'agit de la première croissance significative en cinq ans", déclare le notaire Renaud Grégoire, porte-parole de Notaire.be, à l'origine desdits chiffres.


Maisons : c'est à Bruxelles que les prix s'envolent le plus

Augmentation substantielle, certes, mais variable selon les régions. Et c'est dans la capitale que les candidats acheteurs trinquent le plus : l’augmentation constatée y est d'un peu plus de + 5% et le prix moyen y dépasse pour la première fois la barre symbolique des... 450.000 euros.

En Flandre, le prix moyen est de 277.304 euros (+ 3,8% par rapport à 2017). En Wallonie, le prix moyen s’élève à 189.257 euros, soit presque 90.000 euros de moins qu’en Flandre. Le sud du pays n'est toutefois pas épargné par le phénomène haussier : le prix moyen grimpe de + 3,7% par rapport à 2017.

Le prix varie donc considérablement d'une province à l'autre. Le prix le plus bas, soit 153 890 €, concerne le Hainaut (où l'augmentation est pourtant forte, lire plus bas), et le prix le plus élevé est de 452.721 € dans la région de Bruxelles-Capitale. 300.000 € d'écart pour des biens sis à quelques dizaines de kilomètres !

En Wallonie, l’augmentation des prix a été constatée dans toutes les provinces à l’exception de la province du Luxembourg (inchangé).

La province du Hainaut se caractérise par l’augmentation la plus importante, soit + 6,2% (prix de 153.890 euros). Le Brabant wallon affiche l’augmentation la plus faible, soit +2,5% (323.304 euros).

Les prix ont aussi augmenté à Namur (+2,9% 192.783 euros), à Liège (+4% 181.852 euros).


Appartements : 20.000 € de plus qu'en 2014

Le prix de l'appart' est, lui aussi, en hausse en 2018 : il s'établit en moyenne à  220.095 euros, soit une augmentation de + 1,8% par rapport à 2017. Si l'on tient compte de l'inflation, en revanche, il y a lieu de parler de diminution de prix.

Les disparités régionales sont moins fortes pour les appartements que pour les maisons : en Wallonie le prix a augmenté de + 0,5% et atteint 174.410 euros ; à Bruxelles de + 2,4% (240.250 euros) et en Flandre de + 1,6% (224.331 euros).

"Les acheteurs restent davantage intéressés par des appartements neufs et négocient davantage le prix demandé à l'origine pour les appartements existants, en regard des coûts de rénovation et des charges liés", explique Renaud Grégoire.

Par rapport à 2014, les prix des appartements ont augmenté de + 10,1%. L'acquéreur paye désormais 20.000 euros de plus qu'en 2014... Si on tient compte de l'inflation (+ 7% au cours des cinq dernières années), la valeur réelle des appartements a augmenté de + 3% au cours des cinq dernières années.


Les jeunes, locomotive d'un marché toujours dynamique

"La demande reste élevée dans toutes les régions. Essentiellement les jeunes de moins de 35 ans, saisissent l'occasion d'acheter une maison et de contracter un prêt immobilier avec un taux d’intérêt attractif", souligne encore Renaud Grégoire. Pour la première fois, la Fédération du notariat a analysé l'âge du vendeur et de l'acheteur. Il en ressort que 45% des acheteurs sont des jeunes de moins de 35 ans. Les quinquagénaires et plus, ne représentent que 25% de tous les achats. "Ce sont toujours les jeunes qui tirent le marché immobilier, alors que les acheteurs plus âgés le soutiennent plutôt", conclut le notaire.

Inversement, plus de 40% des vendeurs ont plus de 60 ans. Un quart des vendeurs ont entre 35 et 50 ans. Un autre quart entre 50 et 60 ans.

Pour toute l’année 2018 le nombre de transactions immobilières a progressé de 1,6%. En Flandre, qui a connu un changement de fiscalité important (baisse des droits d'enregistrement à 7%) en 2018, le volume est resté identique à celui enregistré en 2017 - qui était très élevé -, soit +0.1%. En Wallonie la progression est bien plus forte : + 5,5%. Bruxelles a, par contre, connu une activité en baisse (-2.4%)

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