Immobilier Le secteur cherche d’urgence 16 530 travailleurs. Certaines fonctions sont en pénurie.

EN PLEINE CROISSANCE (2,3 %), le secteur de la construction a besoin de suffisamment de nouveaux collaborateurs. "C’est tout sauf le cas actuellement et cette pénurie a des conséquences", soulignait, fin 2018, Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération Construction. Le nombre de postes à pourvoir a augmenté de 22 % entre le deuxième et le troisième trimestre 2018. "Nous recherchons d’urgence 16 530 travailleurs, contre ‘seulement’ 13 500 à la fin du 2e trimestre", avertissait la Confédération Construction dans un communiqué fin décembre.

Profils recherchés

Une situation confirmée par le site StepStone qui constate que le nombre d’offres d’emploi dans le secteur de la construction ne cesse d’augmenter. Le site a même dressé le top 5 des fonctions les plus recherchées. En passant en revue les intitulés de postes les plus fréquemment cités par les 20 entreprises belges du secteur qui ont publié le plus d’annonces au cours des deux dernières années, sur base de 8 948 offres d’emploi, il a dressé la liste suivante : chef de projet (697 annonces), chef de chantier (693), électricien (535), chef d’équipe (471) et calculateur (430). Près d’une annonce sur trois demandait l’un de ces cinq profils constate le site, qui note encore que le top 5 n’a pas évolué au cours des deux dernières années.

Pour faire face à cette pénurie de candidats, le secteur attend la mise en pratique de certaines mesures du job deal, comme la formation et le recyclage des demandeurs d’emploi. Il plaide également pour un renforcement de la formation en alternance.

Permettant de combiner des journées de cours et des journées de travail, "ce type de formation, pour autant que son organisation réponde bien aux besoins du secteur, peut offrir d’excellents résultats : entre 80 et 85 % des élèves qui ont suivi une formation en alternance trouvent un emploi dans les six mois", constate la Confédération Construction. Elle regrette néanmoins que "l’image de l’alternance reste négative, à tort" et prône "une revalorisation en profondeur des formations en construction dans l’enseignement secondaire, grâce à une campagne d’image qui incitera davantage de jeunes à opter pour la construction".

Moins d’ouvriers salariés

Le secteur doit aussi faire face à la concurrence - déloyale - étrangère. En cinq ans (entre 2012 et 2017), le nombre d’ouvriers détachés a plus que doublé, à près de 76 000, selon des chiffres révélés par De Standaard. Le nombre d’indépendants - 47 000 - a aussi augmenté. Ce qui fait que désormais moins de la moitié des personnes actives sur les chantiers en Belgique ont le statut d’ouvrier du bâtiment salarié. Ainsi, sur la même période, le nombre d’ouvriers salariés est passé de 172 000 à 150 000.