Parmi le quelque million d’indépendants qui travaillent en Belgique, un tiers exerce une profession libérale et près d’un titulaire de profession libérale sur dix (9,25 %) est architecte, selon des chiffres de l’Inasti présentés par le spécialiste en ressources humaines Acerta, dont "La Libre Immo" a pu prendre connaissance en exclusivité.

Entre 2014 et 2018, l’Institut national d’assurances sociales pour travailleurs indépendants (Inasti) a enregistré une augmentation de 7,11 % du nombre d’architectes. Ils se positionnent à la cinquième place en termes de croissance, après les groupes des consultants, des paramédicaux, des géomètres et des vétérinaires, à la croissance encore nettement plus rapide.

Mais tous les architectes ne sont pas indépendants, souligne Nadine Morren, directrice Service à la Clientèle chez Acerta. "Les architectes peuvent bien entendu aussi travailler en tant que salariés, et les chiffres de l’Inasti ne reflètent pas ce groupe."

Les femmes se rattrapent

Toujours selon l’Inasti, la profession compte près de deux-tiers d’hommes. Ainsi, en 2018, l’Institut répertoriait 5 263 femmes architectes et 8 915 hommes architectes, soit un rapport de 37,12 % contre 62,88 %. "Les hommes l’emportent donc toujours haut la main, mais les femmes ont entrepris un mouvement de rattrapage : en 2014, 34 % des architectes indépendants étaient des femmes", constate-on chez Acerta.

Les chiffres montrent également qu’en moyenne, le revenu annuel d’une architecte est inférieur de 30 % à celui de ses collègues masculins. "Chez les indépendants, revenu et prestations sont directement liés. Gagner 30 % de moins en moyenne peut s’expliquer simplement : travailler moins implique un revenu moindre. Les architectes féminines travaillent-elles moins ? C’est tout à fait possible. Sur le marché de l’emploi en général, nous constatons que le congé parental, le travail à temps partiel, le crédit-temps, etc., remportent plus de succès chez les femmes que chez les hommes. Il n’y a aucune raison que ce soit différent pour les architectes. Si l’écart salarial, ou une partie de celui-ci, ne s’explique pas par le fait de travailler moins, la seule autre explication pourrait être que les femmes architectes fournissent leurs prestations à un tarif inférieur à celui de leurs collègues masculins", s’interroge Nadine Morren.

28 ans en moyenne à leurs débuts

Quant à l’âge moyen auquel un architecte débute son activité indépendante, il s’élève à 28 ans. "Ce qui est plutôt rapide pour des études de cinq ans suivies par un stage obligatoire de deux ans", remarque-t-on chez Acerta, qui fait une comparaison avec les consultants indépendants, par exemple, qui choisissent d’acquérir d’abord de l’expérience, de sorte que l’âge moyen de début de carrière correspond à 39 ans pour eux.