Les prix des biens immobiliers ont augmenté en 2020

Pour beaucoup, la pandémie a entraîné une diminution du revenu voire une perte d’emploi. En revanche, la croissance des prix des biens immobiliers, elle, n’a pas ralenti : le coût des maisons 4 façades a augmenté de 5% en 2020, et celui des appartements de 5,1% (Statbel). Une hausse difficile à encaisser pour les jeunes, dont la situation financière est déjà difficile et qui ont beaucoup souffert de la pandémie.

L’apport individuel est plus élevé

Depuis janvier 2020, l’apport individuel pour l’achat d’un logement en résidence principale est de minimum 10%. Certaines dérogations sont prévues pour les primo-acquérants, mais en pratique, elles ne sont pas toujours accordées par les banques.

Le prix médian d’une maison 4 façades en Belgique était de 315.000€ en 2020. Cela signifie que pour acheter un tel logement, il faut fournir au moins 31 500€ en apport personnel (sans compter les frais annexes pour le notaire, l’enregistrement et les assurances, qui représentent 10% à 20% du prix d’achat).

Sans surprise, les jeunes ont donc moins emprunté en 2020. Selon BNP Paribas, le nombre d’emprunteurs de moins de 30 ans à avoir obtenu un crédit hypothécaire a baissé de 30% en un an.

Chez Keytrade Bank, le bilan est un peu plus nuancé. Selon Roel Vermeire, Content & PR Manager chez Keytrade, ‘’le montant des crédits demandés par les jeunes de moins de 35 ans a augmenté de 3,5% en 2020. Le pourcentage des crédits immobiliers accordés aux jeunes est d’ailleurs passé de 45% à 47%’’. Des chiffres qui traduisent un changement dans le comportement des jeunes futurs propriétaires ?

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Les jeunes acheteurs évaluent mal les frais annexes

Les jeunes qui achètent leur premier logement ont souvent du mal à évaluer les frais annexes. Plus de la moitié des jeunes acheteurs oublient de comptabiliser certains frais comme l’assurance incendie, les frais de dossier et l’assurance solde restant dû.

Les frais annexes représentent pourtant un montant non négligeable et doivent dans la quasi-totalité des cas être financés par un apport personnel.

Frank Goossens, Chief Credit Officer chez AXA Banque affirme que « Nous avons remarqué qu'il n'est pas facile pour les jeunes clients d'avoir une vision complète du prix d'une habitation. Ils savent généralement qu’il faut regarder au-delà du prix d'achat de l’habitation, mais cette enquête confirme que les acheteurs pourraient être mieux informés du coût financier total. Cela leur éviterait des surprises ».

Pour s’informer, 36% d’entre eux utilisent déjà des outils de simulation en ligne. Une tendance qui, selon Frank Goossens, devrait encore s’amplifier à l’avenir.

Les jeunes sont mieux informés

Paradoxalement, les jeunes se sont beaucoup mieux préparés avant l’achat de leur logement en 2020. Conscients de la pression financière que représente l’achat d’une maison et des risques liés à la crise économique, beaucoup ont commencé leur recherche par une planification budgétaire. 38% des jeunes acheteurs avaient déjà obtenu un accord de la banque pour un prêt avant de commencer à discuter avec des vendeurs immobiliers, contre seulement 24% en 2019.

Grâce à cette préparation, ils se décident beaucoup plus rapidement lorsqu’ils trouvent la maison de leurs rêves : 53% d’entre eux trouvent désormais un logement en moins de 3 mois, contre 40% seulement en 2019.

Selon Lisa Pieters d’AXA Banque, « Le COVID-19 permet aux jeunes voulant acheter une habitation d'être mieux informés et mieux préparés pour commencer leur recherche. Ceci peut expliquer pourquoi il leur faut moins de temps pour prendre la décision d'acheter une habitation »

Une prudence accrue

L’instabilité économique actuelle et le manque de clarté sur les mois à venir poussent les jeunes acheteurs à être plus prudents lorsqu’ils achètent un bien immobilier. Ils étaient 64% à inclure des conditions suspensives dans le contrat de vente en 2020, contre 46% seulement avant la pandémie. Les conditions suspensives permettent par exemple d’annuler la vente dans le cas où la banque refuse le prêt à l’acheteur.

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Un passage aux outils numériques

Si les outils en ligne de tableau d’amortissement ou de capacité d'emprunt ne peuvent pas remplacer les conseils personnalisés d’un agent bancaire, ils sont toutefois devenus une source d’information supplémentaire importante et en amont d’un projet de financement. C’était déjà le cas ces dernières années, mais la pandémie a encore exacerbé cette tendance : aujourd’hui, la moitié des jeunes Belges à la recherche d’une habitation utilisent au moins un simulateur de prêt hypothécaire en ligne. Avant la crise sanitaire, ils étaient seulement 24% à se servir d’outils en ligne.

Attention : emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent

Les taux présentés sur une plateforme de simulation de crédit sont indicatifs. Les conditions d'octroi d'un prêt et le taux effectivement accordé dépendent de votre situation financière personnelle. Emprunter de l'argent coûte aussi de l'argent. Prenez conseil auprès de votre expert comptable et/ou de votre banquier