L’an dernier, les prix immobiliers belges ont prouvé une nouvelle fois qu’ils pouvaient encaisser des coups durs. Les données officielles relatives à l’immobilier pour le troisième trimestre 2020 ne seront pas publiées avant fin mars, mais les chiffres des notaires donnent déjà un bon aperçu, révèle Belfius Research. Au troisième trimestre 2020, une maison d’habitation coûtait en moyenne 5,6 % de plus que fin 2019, tandis que les appartements affichaient une hausse de 6,8 %.

La crise économique liée au Covid-19 n’a pas entraîné de recul des prix immobiliers comme craint au départ. Contrairement aux crises précédentes, le taux de chômage en Belgique n’a que faiblement augmenté en dépit du ralentissement énorme de l’économie. Le préjudice subi par le marché du travail et les revenus des ménages a été en grande partie compensé par les mesures de soutien généreuses du gouvernement. La faiblesse des taux et l’intérêt prononcé des investisseurs immobiliers ont également soutenu les prix de l’immobilier résidentiel.

Les logements avec terrasse ou jardin ont la cote

Par ailleurs, le coronavirus a entraîné une hausse des prix dans certains segments. Les appartements équipés d’une terrasse et les maisons avec un jardin ont la cote. De nombreuses personnes travaillent de chez elles et recherchent donc plus d’espaces extérieurs et une pièce supplémentaire qu’elles peuvent aménager pour travailler. Les voyages à l’étranger étant déconseillés, la demande de résidences secondaires en Belgique a explosé et entraîné une nouvelle hausse des prix des appartements sur la côte.

La combinaison de ces facteurs de soutien s’est traduite par une hausse impressionnante des prix des maisons en Belgique et dans les pays voisins. L’inflation des prix immobiliers dans la zone euro affiche clairement une tendance haussière depuis 2014 et les hausses de prix durant ces dernières années font progressivement craindre une surchauffe. Les autorités de tutelle européennes surveillent l’évolution des prix immobiliers dans le cadre de la Macro-economic Imbalance Procedure (MIP).

Cette procédure vise à détecter les déséquilibres macroéconomiques susceptibles d’influencer négativement la stabilité économique dans un pays déterminé ou dans l’ensemble de l’UE. Au niveau immobilier, on tient compte de l’inflation réelle des prix. Il s’agit de la croissance nominale (réelle) des prix immobiliers moins l’inflation. Autrement dit : dans quelle mesure les prix immobiliers progressent-ils plus rapidement que ceux du panier de la ménagère ?

Un rythme trop élevé est considéré comme un signal d’avertissement anticipé de tensions sur le marché immobilier, avec un risque accru de bulle spéculative. Le seuil d’alarme est atteint lorsque l’inflation immobilière réelle atteint 6 %. Ce niveau a été fixé sur la base d’une analyse des données historiques des cycles précédents de surchauffe et de récession des prix immobiliers.

© Refinitiv Datastream / Fathom Consulting

Très légère baisse des prix en 2021

En Belgique, Belfius research prévoit une baisse des prix de l’immobilier résidentiel, mais l’accalmie restera très limitée. Il faut plutôt parler d'une stabilisation, avec une baisse attendue du prix des maisons de 0,1 %.

Il semble que 2021 se caractérisera par un effet miroir de 2020. Alors que, l’an dernier, les prix immobiliers augmentaient chaque trimestre, ils vont à présent diminuer systématiquement. Cela est notamment dû à l’augmentation des faillites et du chômage en Belgique, ce qui affectera la confiance des consommateurs. Cependant, il faut s'attendre pas à ce que l’indice de prix des maisons descende sous le niveau de début de l’an dernier.

© Statbel / Belfius Research

Un nouveau potentiel de hausse des prix immobiliers à partir de 2022 est en ligne de mire. Ces prochaines années, le taux des crédits et des investissements se maintiendra à un niveau historiquement bas et nous ne prévoyons provisoirement pas de recul important de l’intérêt des investisseurs pour l’immobilier résidentiel. 

D'après l'étude parue ce vendredi, d’ici 2022, les perspectives économiques se seront suffisamment éclaircies grâce aux vaccinations et à la réouverture complète de l’économie européenne. Après une brève pause en 2021, mieux vaut que les candidats-acquéreurs se préparent à la perspective d’une hausse de prix des habitations.