Entreprise

Quelque 3.000 emplois pourraient passer à la trappe si bpost perd le contrat de distribution des journaux et des périodiques, ont averti vendredi les syndicats, qui avaient initialement appelé à une manifestation le jeudi 26 juin, à 11 heures, devant le cabinet du ministre de l'Économie, Johan Vande Lanotte. Cette action est finalement reportée au mercredi 2 juillet - même endroit, même heure - la ville n'ayant pas donné son autorisation pour la première date avancée, a-t-on appris de source syndicale. Selon le front commun, le gouvernement en affaires courantes doit se pencher prochainement sur la sélection de l'opérateur postal qui assurera la distribution des journaux et des périodiques à partir du 1er janvier 2016. Un groupe de travail inter-cabinets sera ainsi mis en place dès le 27 juin et la décision finale devrait tomber avant la fin de l'année.

"Contrairement aux autres opérateurs, bpost fait appel à du personnel salarié, contractuel et statutaire pour cette distribution. Malgré tout, l'entreprise risque de perdre le contrat, ce qui pourrait faire passer à la trappe quelque 3.000 emplois", ont précisé les syndicats.

Le régulateur du secteur postal, l'IBPT, a reçu trois candidatures pour ce marché qui devra dorénavant, afin de respecter une décision de la Commission européenne datant de mai 2013, être attribué au terme d'une procédure d'adjudication. Outre bpost, Belgique Diffusion (BD) et le diffuseur de presse AMP sont intéressés.

La concession sera attribuée pour une durée de cinq ans.

"Nous craignons que l'attribution du contrat ne dépende que du prix et pas des conditions de travail. Bpost risquerait alors de perdre la partie", a expliqué Lieve Vanoverbeke (ACV Transcom). "En ce qui concerne la qualité du travail, bpost est unanimement reconnue. Par contre, le coût du travail y est plus élevé. Or, deux critères sont retenus pour l'attribution du marché: la qualité de la distribution et son coût", a de son côté expliqué André Blaise (CSC Transcom) qui assure "vouloir lancer un véritable appel au secours au monde politique".

Enfin, du côté de l'entreprise publique, on affirme comprendre l'initiative syndicale. "Nous savons que l'inquiétude est grande sur le terrain et nous sommes conscients du fait que c'est un contrat important, qui implique au moins 2.600 personnes", a ainsi déclaré le porte-parole de bpost, Piet Van Speybroeck. "Nous avons apporté tout le soin nécessaire à notre offre et nous sommes confiants. Nous pouvons obtenir le contrat si les règles du jeu sont honnêtes. Nous ne travaillons qu'avec des contractuels et des statutaires. Si d'autres peuvent travailler avec des indépendants, c'est une discrimination financière à notre égard", a-t-il conclu.