Entreprise

Est-ce un signe ? Les fédérations et autres syndicats de distributeurs, petits et grands, ont sorti leur traditionnel bilan des soldes avant la fin desdits soldes. Vendredi 27 juillet pour le SNI (Syndicat neutre pour indépendants). Lundi après-midi, le 30, pour le SDI (Syndicat des indépendants et PME). Mardi matin, le 31, pour Comeos, la fédération des distributeurs. Et ce, alors que la période s’est officiellement clôturée mardi soir.

Mais quel signe ? Que les choses allaient tellement mal que les défenseurs des distributeurs se devaient de sortir leur communiqué avant la fin des soldes pour se rappeler aux bons souvenirs des consommateurs ? Que les choses allaient tellement bien que le dernier week-end et les derniers jours compteraient pour des prunes ? Impossible de savoir Car les bilans sont bien différents, voire contraires.

Pour le SNI, il est "faible". "Malgré quelques dernières journées très ensoleillées, les soldes d’été ont pour grande partie été un coup dans l’eau", indique-t-il, évoquant des revenus des magasins de mode en augmentation de 0,5 % seulement par rapport aux soldes de l’été 2011. A tel point qu’une majorité des commerçants interrogés (55 %) devra recycler ses invendus lors des prochaines braderies et autres journées de promotions. Ils sont 26 % à se dire qu’ils les vendront aux centres oulet et magasins de seconde main. Et jusqu’à 7 % à évoquer la manière définitive : les délaisser au profit des plus démunis.

Pour le SDI, les soldes se sont "globalement bien passés". Ici, le chiffre d’affaires est "pratiquement similaire" à celui de l’an passé, en hausse " de l’ordre de 1 %". Du moins en moyenne. Il est en effet positif pour la grande distribution (+5%) et les enseignes des shoppings et galeries couvertes (+3%), mais négatif pour les magasins dits "de rue" (-2 %). Première et quatrième semaines ont été les meilleures; deuxième et troisième "très calmes" en raison du froid et des intempéries. Il n’empêche, "une partie des commerçants espérait mieux en raison du début de saison catastrophique". Bref, c’est la "déception".

Étonnamment, c’est de "satisfaction" qu’il s’agit pour Comeos. Les chiffres sont même en hausse de 5 % par rapport à l’an dernier. "Ni la crise, ni le mauvais temps n’ont fait fuir les clients", ajoute la fédération. Et d’expliquer cette affirmation à contre-courant en quatre points : 1. "L’incertitude économique incite le Belge à reporter ses gros achats à la période des soldes"; peut-être plus particulièrement dans le secteur de l’ameublement, mais encore dans celui des vêtements pour hommes. 2. "Les soldes sont devenus un véritable événement." 3. "Le temps ne détermine pas si le Belge fait du shopping, mais bien où il le fait"; c’est-à-dire les grandes artères commerciales quand il fait beau, les centre commerciaux par mauvais temps. 4. "Les réductions sont accordées différemment. Avant, les soldes commençaient par des réductions prudentes sur tout le stock et augmentaient au fil du temps. Aujourd’hui, des réductions jusqu’à 70 % sont accordées dès le départ sur une sélection d’articles - et cette sélection s’élargit tout au long du mois de juillet." Rendant la multiplication des passages obligée.