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Cela fait maintenant plusieurs semaines que le manifeste en faveur de l'indépendance de la Flandre signé par le groupe de réflexion «In de Warande» a été rendu public. Mais que contient ce document de 250 pages?

Le ton est donné dans l'introduction. «A l'intérieur de la Belgique, la Flandre a évolué d'une région pauvre, sous-développée, vers une communauté à part entière avec sa propre langue, sa propre culture, un niveau de vie relativement élevé et ses propres caractéristiques et objectifs économiques et sociaux. Comme l'histoire belgo-flamande le montre clairement, ce développement s'est poursuivi malgré la résistance parfois opiniâtre de l'appareil étatique et des compatriotes francophones.»

Pour montrer l'avance prise par la Flandre, le manifeste évalue tous les transferts du Nord vers le Sud du pays avec des chiffres qui s'arrêtent en 2003. Via la sécurité sociale, la Flandre a versé aux deux autres régions 3,7 milliards en 2003: 2,1 milliards à la Wallonie et 1,6 milliard à Bruxelles. Le calcul est simple: la Flandre a contribué pour 64pc aux recettes de la sécurité sociale et représente «seulement» 56,6pc des dépenses (chômage, soins de santé,...). Même en prenant compte du vieillissement de la population en Flandre, le Nord continuera à payer pour le Sud, dit le manifeste. Les transferts via le budget (essentiellement le coût des fonctionnaires plus nombreux du côté francophone) s'élèvent à 1,5 milliard. Cela représente 250 euros par Flamand. La note payée par les Bruxellois est du reste encore plus élevée: 402 euros par habitant. Les transferts via le financement des Régions calculés sur base d'un raisonnement relativement alambiqué s'élèvent à 1,3milliard. Il faut encore ajouter les transferts portant sur les intérêts de la dette publique.

Au total, la Flandre a payé, en 2003, pour les autres Régions, 10,4 milliards dont 8,1 milliards pour la Wallonie et 2,3 milliards pour Bruxelles. Ce qui représente 6,6pc de ses revenus primaires ou encore 1734 euros par habitant.

Un chapitre est consacré à Bruxelles. L'économie bruxelloise croît presque systématiquement au-dessous des deux autres régions, note le manifeste. De toutes les capitales européennes, Bruxelles est celle, qui, à part Berlin, connaît le taux de chômage le plus élevé (19,2pc, contre 7,4pc en Flandre). «Bruxelles n'a pas réussi à créer un climat fiscal attrayant et reste à la traîne de la Flandre qui la ceinture», lit-on encore. Et de conseiller pour Bruxelles un statut comme celui de Washington DC.

© La Libre Belgique 2005