Entreprise

Le tribunal de commerce de Malines a prononcé, lundi, la faillite de la société Artis-Historia, bien connue du grand public pour ses célèbres points du même nom. C'est une nouvelle page qui se tourne pour cette entreprise, qui a développé en Belgique un système unique de fidélisation multi-marques et qui emploie encore, à ce jour, une quinzaine de personnes. En 2001, Artis-Historia avait été rachetée par Vicindo, la filiale de marketing direct de La Poste. Il y a un an, l'entreprise publique ayant décidé de se recentrer sur son métier de base (la distribution du courrier et la vente de produits postaux), l'avait revendue au groupe néerlandais ECF, un des leaders européens dans les services de marketing et fidélisation. Vendredi, la société, en cessation de paiement, a déposé son bilan.

Fondées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Artis et Historia ont fusionné en 1976. Au fil des années, Artis-Historia a acquis une notoriété importante auprès des familles belges grâce au système d'épargne qu'elle a développé en partenariat avec une trentaine de grandes marques belges et internationales (Lipton, Lotus, Dixan, etc.).

En échange des points découpés sur les emballages, les clients pouvaient ainsi recevoir des images à coller ou des réductions sur les ouvrages édités par la société et axés sur le culturel et le ludo-éducatif. En 2001, Artis-Historia affirmait que 1250000 ménages belges (dont 70000 enseignants) collectionnaient ses points et que 260 millions de points étaient échangés, chaque année, par correspondance ou dans sa centaine de points de vente (les kiosques Artis et des librairies).

La pagaille dans les librairies

Même si la formule a toujours eu beaucoup d'adeptes, la société connaît des problèmes financiers depuis le début des années 90. Pour relancer une formule devenue quelque peu dépassée, la filiale de La Poste a changé, en 2002, le système d'épargne. Les points récoltés ont ainsi pris une valeur monétaire, donnant droit à divers cadeaux (livres, CD, DVD, etc.). Le nouveau système permet aussi de payer une partie en points et de suppléer le solde en argent. Malgré ces initiatives et l'apport d'argent frais, Artis-Historia est restée déficitaire.

D'après «Le Soir», le dépôt de bilan et la faillite de la société trouvent leur origine dans un différend qui oppose La Poste et ECF, son nouveau propriétaire, lequel reprocherait à Vicindo, filiale de La Poste (aujourd'hui également revendue), d'avoir surévalué Artis-Historia. «Lors de la reprise, les comptes ont été examinés par des réviseurs des deux parties. Il avait été conclu, entre autres, qu'ECF reprendrait à sa charge la dette d'Artis», a réagi un porte-parole de La Poste.

En ce qui concerne la poursuite du système Artis, c'est au curateur, désigné hier, qu'il reviendra de s'occuper du recouvrement des points, déclarait laconiquement ECF dans un communiqué. Dans les librairies, la pagaille régnait, lundi. Selon l'agence Belga, certains commerçants ont suspendu le système. En revanche, chez Delhaize, «le Festival des points Artis» organisé du 2 au 8 septembre se poursuit normalement.

© La Libre Belgique 2004