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La justice doit examiner lundi la requête du parquet de Paris qui demande la liquidation judiciaire des sociétés de Bernard Tapie, condamné à rembourser les centaines de millions d'euros perçus en 2008 dans l'arbitrage de son litige avec le Crédit Lyonnais.

L'avenir de ces sociétés, en redressement judiciaire depuis trois mois, devait être examiné le 11 mars par le tribunal de commerce de Paris.

Mais l'audience avait été renvoyée, car l'homme d'affaires de 76 ans comparaissait le même jour au tribunal correctionnel de Paris dans le procès pour "escroquerie" au préjudice de l'Etat via cet arbitrage.

Cinq ans de prison ferme ont été requis contre M. Tapie. Le jugement, qui conditionne aussi l'avenir de ses biens saisis par la justice, doit être rendu le 9 juillet.

Le tribunal de commerce, lui, doit examiner la question des holdings GBT (Groupe Bernard Tapie), actionnaire majoritaire du groupe de médias La Provence, et FIBT (Financière Immobilière Bernard Tapie).

Les deux entités sont à l'abri des créanciers depuis que M. Tapie les a placées en procédure de sauvegarde en décembre 2015, quelques jours avant sa condamnation à rembourser 403 millions d'euros.

L'ancien patron de l'Olympique de Marseille, tout en contestant par ailleurs en justice le montant de sa dette, a promis de rembourser.

Un plan de remboursement contesté

Mais en janvier, son deuxième plan de sauvegarde, qui proposait d'étaler le remboursement sur six ans, a été rejeté par le tribunal.

Celui-ci a alors placé les deux holdings en redressement judiciaire.

De son côté, le parquet de Paris estime le redressement impossible et donc demande au tribunal de passer à l'étape suivante: prononcer la liquidation judiciaire, afin de permettre la vente immédiate des biens.

"Ce serait une catastrophe (pour le groupe de médias La Provence, ndlr) qui n'a pas de contrepartie" positive, avait réagi M. Tapie auprès de l'AFP à la veille de son procès.

"J'ai mis tous mes actifs en garantie pour le paiement. Donc, que ce soit en liquidation ou dans le cadre d'un plan (de redressement, ndlr), ils seront payés", avait-il assuré.

Bernard Tapie s'est notamment engagé à vendre son domicile familial parisien, l'hôtel de Cavoye.

Mais l'ancien ministre fait valoir que si ses sociétés étaient placées en liquidation judiciaire, ses créanciers ne toucheraient aucun euro tant que sa dette, objet d'âpres batailles procédurales, n'aura pas été tranchée.

Une audience est prévue le 1er octobre devant la cour d'appel, où le Consortium de réalisation (CDR), structure détenue par l'État et chargée de gérer le passif du Crédit Lyonnais, conteste une décision qui a raboté sa créance de 117 millions d'euros.

Au total, le CDR chiffre à 525 millions d'euros la dette des époux Tapie, une fois ajoutés les intérêts qui continuent de courir.