Entreprise

Le rêve pour tous ceux qui bondissent d'un train vers un bus ou un tram, entre Bruxelles, la Flandre et la Wallonie : disposer d'un billet "tout en un".

Syntigo, la filiale informatique de la SNCB, vient d'achever son étude de faisabilité quant à la mise en service d'une carte à puce donnant accès à tous les transports publics belges, soit la SNCB, les Tec, De Lijn et la Stib. "Le développement du RER augmentera encore le nombre de voyageurs multiréseaux , ajoute Pascal Smet, ministre bruxellois de la Mobilité et des Travaux publics. La carte à puce fera office de véritable passeport mobilité. Elle pourra intégrer d'autres services liés à la mobilité tels que le parking ou la location de vélos."

Tout fonctionne...

Démonstration en présence des ministres compétents à l'appui, le titre de transport du futur fonctionne sans accroc. Il se recharge selon le même principe que Proton, auprès d'un guichet, d'un distributeur de titres de transports, ou via Internet. La grande satisfaction technologique de Syntigo est d'avoir réussi à intégrer les (nombreux) concepts tarifaires des quatre sociétés de transport sans nuire à une vitesse de transaction d'un quart de seconde. Les voyageurs ne perdront donc pas leurs repères budgétaires. Autre atout, la carte calcule automatiquement la formule tarifaire la plus avantageuse à laquelle le passager a droit.

À partir de quand ?

Ces bonnes nouvelles n'ont toutefois pas permis aux parties prenantes du projet d'annoncer une date officielle de mise en service. Comme annoncé dans nos éditions précédentes (voir LLB du 14 mai 2008), l'entrée en service de la carte pour 2010 semble de plus en plus compromise. "On pencherait plutôt vers 2012" , indique-t-on chez Syntigo. Le billet unique, ce n'est donc pas encore pour tout de suite...

C'est que la réussite technologique ne suffit pas : il faut encore réussir à fonder une structure regroupant sous une entité unique le groupe SNCB, la Société régionale wallonne du transport (SRWT), De Lijn et la Stib/MIVB. Cette plate-forme commune formera une entité juridique et portera le nom d'Ubigo. En décembre dernier, les sociétés concernées se sont mises d'accord sur le principe de sa création.

Mais du côté de la SNCB, certaines réticences sont apparues quant au budget d'investissement requis pour le lancement du projet. La prudence est de mise afin de pas devoir débourser, à l'heure des comptes, plus que prévu. IBM Consulting ayant achevé sa radioscopie du projet, un des obstacles au lancement d'Ubigo devrait donc se débloquer. L'ouverture d'un marché "ouvert et concurrentiel" pour les cartes et lecteurs de cartes fait également partie des préoccupations du moment. A ce niveau, le feu est à l'orange : on attend là aussi quelques candidatures afin de stimuler le marché.

Le chantier de la carte de transport électronique n'est donc pas au bout de ses peines. Cela n'empêche pas les plus audacieux de réfléchir déjà aux possibilités d'intégration sur les GSM et cartes bancaires...

© La Libre Belgique 2008