Entreprise Leader européen de la réservation de séjour en camping sur Internet, la société française s’intéresse de près à la clientèle belge.

Leader européen de la réservation de séjour en camping sur Internet, Campings.com a de l’appétit. La société française - qui, au départ d’un moteur de réservation, facilite depuis dix ans la recherche, la comparaison et puis la réservation de campings en France mais aussi en Espagne, au Portugal, en Italie et en Croatie - entrevoit encore pas mal de croissance sur son marché dans les années à venir. "Notre métier est celui d’accompagner la migration estivale des Européens du nord de l’Europe vers destinations plus au sud. On peut estimer à 9,2 milliards d’euros en Europe la valeur marchande de la location d’emplacements dans des campings. Mais c’est un marché qui est très fragmenté. Prenez la France, qui est un très gros pays de destination pour les amateurs d’emplacement de plein air : on y compte 8 200 campings, dont plus de 96 % sont des opérateurs indépendants. Cela justifie notre proposition de valeur d’aider les vacanciers à trouver le meilleur endroit via notre plateforme", nous explique Jérôme Mercier, arrivé il y a un an à la tête de l’entreprise.

Cet entrepreneur français a déjà une belle carrière derrière lui. Après avoir cofondé puis revendu à Yahoo ! pour 550 millions de dollars le comparateur de prix Kelkoo.com, être passé comme vice-président marketing de Yahoo ! et avoir dirigé la société Photobox, Jérôme Mercier entend donner une nouvelle impulsion à Campings.com. Qui passera notamment par une internationalisation de ses activités et de son modèle, soutenue par augmentation de capital d’une dizaine de millions d’euros réalisée en mai 2018 et souscrite par deux fonds d’investissements. "Depuis mon arrivée, nous avons triplé l’équipe IT et embauché un peu plus d’une vingtaine de personnes", rajoute Jérôme Mercier.

© FLEMAL JEAN-LUC

L’an dernier, Campings.com, qui emploie au total 82 personnes, a fait voyager 500 000 personnes, dont 7 % de Belges. Pour un chiffre d’affaires de 65 millions d’euros. "Nous avons un modèle de "sourcing" hybride. D’une part, nous achetons (NdlR : l’été dernier pour plusieurs dizaines de millions d’euros) un stock d’emplacements locatifs durant la saison d’été pour garantir une offre à nos clients durant cette période de très forte demande. Il faut savoir que 60 % de nos activités sont concentrées sur seulement 8 semaines, en juillet et août. Et puis nous avons un modèle de "market place" avec notre site où nous touchons des commissions en fonction des volumes de réservation. D’une certaine manière, notre modèle ressemble à celui d’Amazon et est assez unique dans le secteur du tourisme", explique encore notre interlocuteur. Un modèle différent de celui d’acteurs comme Booking.com ou Airbnb, qui dans le secteur hôtelier, ne vivent eux que des commissions.

"Depuis dix ans, le marché est en train de se transformer. Nous sommes passés d’un camping de plein air avec des tentes à un camping avec des mobil-homes, de la climatisation, des animations, etc. Les attentes des voyageurs ont changé et il y a eu une montée de la qualité des infrastructures. Mais aujourd’hui, le marché passe peu par des intermédiaires, pour moins de 4 %. D’ici dix ans, on estime que ce chiffre devrait se situer aux alentours de 35 %", ajoute notre interlocuteur. Un gros potentiel de croissance donc pour Campings.com.

Une croissance qui passera donc par la Belgique, et puis probablement ensuite par les Pays-Bas et l’Allemagne. "Historiquement, notre clientèle belge utilisait notre site français de réservation. Nous avons lancé une version belge de ce site, en français et néerlandais, des numéros d’appel locaux et des facilités comme la possibilité de payer via Bancontact. Nous voulons travailler l’offre pour mieux répondre aux attentes des campeurs belges qui apprécient des régions comme l’Hérault, l’Ardèche ou le Gard, par exemple. La Belgique est un marché important pour Campings.com car les Belges aiment le camping. On doit être capable cette année de déjà doubler le volume d’affaires en Belgique par rapport à 2018", précise encore le CEO de l’entreprise française.