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Le mois de juin est traditionnellement mauvais pour les commerçants. Sentant les soldes approcher, les consommateurs ont tendance à restreindre leurs envies, obligeant les enseignes à se démener plus que jamais. Et donc à entamer, peut-être, les soldes avant l’heure (qui débuteront cette année un jour plus tôt que d’habitude, le 30 juin, le 1er juillet, jour de démarrage légal, tombant un dimanche).

Depuis quelques jours, les rues commerçantes du pays se sont parées de tous les attributs classiques des soldes, hormis ceux qui ne sont pas autorisés légalement. Pas d’affiche "soldes", "ristournes" ou "réductions". Pas de prix barrés. Pas de comparaison entre deux prix. Mais, par contre, des prix ronds bien visibles, des ventes couplées (deux produits pour le prix d’un ou encore un t-shirt à l’achat d’un pantalon), et surtout un décorum digne d’un 1er juillet : vitrines sobres, mannequins dépouillés ou identiquement habillés, empilement de vêtements, chaussures militairement alignées "Nous n’avons pas de données statistiques", indique Pierre-Yves Bolus, le directeur d’Atrium, l’agence bruxelloise pour le développement des quartiers commerçants. "Mais il nous semble que le phénomène est plus marqué que l’an dernier." Il faut dire que la météo n’a pas stimulé les ventes. Les articles étiquetés "printemps" sont peut-être partis, mais pas ceux d’été. "Les commerçants doivent booster leurs ventes et donc créer l’événement, ajoute-t-il. Qu’il s’agisse de braderies, de soirées spéciales Les opérations de séduction se multiplient. Mais en toute légalité."

Un point sur lequel insiste aussi Christine Mattheeuws, présidente du Syndicat neutre pour indépendants (SNI). "Les ventes couplées sont permises. Un concept qui est apparemment plus utilisé cette année que l’an dernier et qui permet de liquider une première partie des stocks. Car cette année, tout porte à croire qu’il sera plus important que l’an dernier." Même si elle confie d’emblée que sa fédération n’en a pas encore pris acte auprès de ses membres.

Impossible donc de dire si ces pseudo-soldes sont un succès. "Le passé montre en tous les cas que ce type de ventes ne déflore pas les soldes, dit-elle. Tous les clients ne sont pas intéressés par ce type d’offre. Soit que la dépense est plus importante pour 2 produits que pour un, soit que le doublé proposé ne plaît pas. Car c’est le commerçant qui choisit les marchandises dont il veut se défaire en priorité."

Quant aux autres formes de battage commercial, elle confirme qu’elles sont aussi légales. "On peut appliquer une ristourne. Ce qui est interdit, c’est de l’afficher." D’où son courroux envers la chaîne flamande d’habillement Zeb (près de 30 enseignes) qui annonce carrément des soldes dans son folder et dans ses magasins. Seul recours, selon elle : attendre que les inspecteurs contrôlent la chose, ce qui se fera ce week-end; et qu’ils vérifient, au moment des soldes, que les ristournes font référence aux prix soldés de juin et non aux prix pleins d’avant. "Mais globalement, les indépendants et même les chaînes respectent bien la législation."