Entreprise La société exploitera, sauf revirement ultime, l’affichage à Bruxelles-Ville. Et y déploiera son offre digitale, symbole du renouveau de l’affichage urbain.

Le centre de Bruxelles, et notamment ses zones piétonnières, c’est un peu le sommet de la pyramide publicitaire en matière d’affichage. La gestion de ce "summum" vient de changer de mains. Bien qu’il puisse encore contester la décision, le groupe français JCDecaux cédera plus que probablement le relais à Clear Channel Belgium qui vient de remporter l’appel d’offres de la Ville de Bruxelles pour gérer l’affichage au Centre de la Capitale belge et européenne.

Daniel Sax, administrateur et responsable du développement chez Clear Channel, situe l’importance de l’enjeu : "L’appel d’offres vaut pour cinq ans, concerne 180 faces publicitaires et 323 abris pour voyageurs. Ce contrat de régie va rapporter environ 200 000 euros par mois à la Ville." Une somme importante d’autant que cette dernière est déjà propriétaire (depuis 1999) du mobilier urbain et des planimètres qui accueilleront les affiches. "Mais nous y trouvons notre compte également car il n’y a eu aucun investissement à faire", détaille Daniel Sax. "Le centre de la Capitale draine les plus grosses foules du pays et constitue une vitrine de choix pour les annonceurs puisqu’il héberge des hauts lieux du tourisme et des artères commerçantes."

L’élargissement récent du piétonnier au centre-ville est aussi une bonne affaire pour les annonceurs : on est moins attentif aux pubs depuis l’habitacle d’une voiture. Outre la gestion de l’affichage dans une zone stratégique (dont les modalités doivent encore être discutées avec le service de l’urbanisme), Clear Channel va pouvoir aussi, et peut-être surtout, déployer un peu plus sa stratégie de développement digital. C’est le nerf de la guerre pour un secteur longtemps perçu comme figé à ses formes historiques, immobiles et imprimées.

Mais l’affichage, qui a connu des moments difficiles ces dernières années, a fait sa mue. Chez nous, les principales gares nationales ainsi que le réseau Thalys hébergent déjà des panneaux digitaux. Leur avantage ? La qualité de l’image, la luminosité et la souplesse, grâce à la possibilité de changer les messages fréquemment. "Il y aura une centaine d’écrans digitaux répartis dans le centre-ville, et on peut très bien imaginer autant de messages différents synchronisés, pour un ou plusieurs annonceurs à la fois. En termes de souplesse et de créativité, le digital offre bien plus de choix aux marques", juge Daniel Sax.

Il ne sera toutefois pas offert qu’aux marques : le contrat avec la Ville de Bruxelles permet à cette dernière de diffuser elle aussi des annonces, notamment pour ses communications culturelles, de service ou d’urgence. L’écran géant de la place De Brouckère (140 m², soit le plus grand du pays, qui remplacera sous peu l’actuel panneau Coca-Cola, deux fois plus petit…) pourra, par exemple, servir en cas d’urgence (alertes au gaz, etc.).

De son côté, JCDecaux reste bien ancré dans le paysage bruxellois : il gère actuellement les 19 communes de Bruxelles en tant que détenteur du contrat des planimètres Villo et des affichages aux entrées des stations de Métro, deux réseaux que le groupe français estime tout autant stratégiques (si pas plus), en termes de passage et de contacts visuels, que le parc qu’il vient de laisser à la concurrence…