Entreprise Chute de 0,7 %

La consommation des ménages belges a été rattrapée par la crise en 2011 : elle a en effet baissé de quelque 0,7 % sur base annuelle, alors qu’elle s’était inscrite en hausse de 1 % en 2008 et de 0,6 % en 2009, au plus fort de la déprime.

Cette chute de la consommation, rappelle la Banque nationale de Belgique dans son rapport 2012, avait en fait débuté dès 2011, à l’exception du troisième trimestre de cette année qui avait gagné 0,1 %.

Cela veut surtout dire "que l’évolution négative de la consommation des ménages sur une si longue période n’a plus été observée depuis le début des années 1980 ", souligne la BNB.

Il y a bien entendu des explications à ce sérieux coup de mou.

Il y a tout d’abord le fait que la consommation desdits ménages a justement mieux tenu le coup que dans pas mal d’autres pays au plus fort de la crise, notamment en France et aux Pays-Bas.

Il y a aussi le fait que "le revenu des ménages avait continué de progresser de manière robuste en termes réels en 2008 et en 2009" , rappelle la BNB.

Bref, c’était la crise, mais les ménages avaient globalement plus d’argent à dépenser. Et ils ne s’en sont pas privés.

Le vent a depuis lors tourné.

Le revenu disponible des ménages s’est en effet inscrit en baisse en 2010 et 2011. Là encore, la BNB avance plusieurs explications. Il y a tout d’abord une inflation forte, " répercutée seulement partiellement et avec retard sur les salaires" . Et pour l’année 2012, le revenu disponible réel des ménages est en fait resté quasiment stable.

Taux d’épargne en hausse

Le climat économique empreint d’inquiétude a fait le reste : les ménages ont recommencé à mettre de l’argent de côté, histoire de pouvoir parer à une situation délicate.

"Les ménages se sont à nouveau mis à épargner une plus grande proportion de leur revenu. Ainsi venant s’ajouter à la stagnation du revenu réel disponible, la hausse, certes limitée, du taux d’épargne a pesé sur la consommation ", note encore le rapport.

Le taux d’épargne s’est en fait établi à 15 % en 2012, contre 14,4 % en 2011. Il avait explosé à 19,6 % au premier trimestre 2009, " au plus fort de la grande récession ", enregistrant une moyenne de 18,3 % sur l’ensemble de l’année.

Plus inquiétant, peut-être, "sur l’ensemble de 2012, les consommateurs ont continué de se montrer pessimistes quant à la possibilité d’effectuer des achats importants au cours des douze prochains mois ".

La consommation a toutefois repris quelques couleurs depuis le début de l’année. A confirmer, toutefois, dans les mois à venir.