Entreprise

En 2016 sur le site de Gembloux Agro-Bio Tech (ULg), le citoyen pourra découvrir un Fab Lab culinaire, le Smart Gastronomy Lab. Pour rappel, un Fab Lab, c’est un lieu ouvert au public, destiné à l’innovation et à la création. Il s’agit surtout de permettre l’éclosion de nouvelles recettes, de nouveaux produits, de nouveaux objets, ustensiles, équipements ainsi que de nouvelles applications destinées au milieu gastronomique. Cette nouvelle structure est composée de cinq différents Labs, lieux ouverts de rencontres, de cocréation et d’observation d’usage, tous complémentaires et ultra-connectés entre eux, dont notamment une cuisine professionnelle expérimentale modulaire (Creative Kitchen), un laboratoire culinaire (Cooking Lab) et un restaurant expérimental.

Un bâtiment sur le site d’Agro-Bio Tech

"La force et l’originalité du Smart Gastronomy Lab est de réunir des acteurs de la créativité provenant d’univers différents autour de scientifiques de haut niveau et d’acteurs économiques wallons", explique le ministre wallon de l’Economie Jean-Claude Marcourt qui, via Creative Wallonia et le Plan Marshall, amène 800 millions de subsides pour deux ans sur ce projet particulièrement novateur. L’inauguration du projet avait lieu jeudi à Eghezée au restaurant "L’Air du Temps", du chef Sang-Hoon Degeimbre, impliqué dans le projet de Smart Gastronomy Lab via Génération W qui rassemble plusieurs grands cuisiniers wallons.

Plusieurs thématiques seront ainsi explorées dans le cadre du projet comme par exemple : peut-on façonner le goût et l’odeur ?; comment lutter contre la malbouffe ?; comment nourrir le monde sans le détruire ?; que mangerons-nous demain ?; la conservation du goût et son optimisation via le suivi des molécules volatiles émises (arômes); l’impression 3D des aliments; etc. "La cuisine, c’est de la chimie. Nous visons l’innovation de rupture pour chercher cette nouvelle économie créative", explique Dorothée Goffin, du projet Smart Gatsronomy Lab.

La finalité créative du projet s’accompagne évidemment (Plan Marshall oblige) de la création d’activité et d’emploi. "A travers cette première mondiale, nous confortons le nouvel ADN de la Wallonie. C’est en faisant collaborer des cuisiniers, des chercheurs en agroalimentaire, des industriels, des informaticiens et designers que nous bâtissons, aujourd’hui, un écosystème unique porteur d’une plus-value économique pour notre région", poursuit Jean-Claude Marcourt qui explique encore que le projet de Lab ne s’arrête pas au monde de la gastronomie. Des développements dans les secteurs de la santé, du bien-être, du design et du développement durable sont également mis sur pied.

Autre aspect important voire essentiel de ce type de projet : la participation active du citoyen. "Il est au cœur du système", précise encore Dorothée Goffin. "Les gens pourront venir y faire leurs propres essais comme dans un Fab Lab classique. En attendant l’inauguration des bâtiments, nous avons imaginé un dispositif mobile que l’on peut déplacer avec des conteneurs aménagés", conclut-elle.