Entreprise

Depuis le rachat du quotidien flamand «De Tijd» en avril 2005 par De Persgroep et Rossel, qui faisait suite à l'acquisition de «L'Echo» par ces deux mêmes groupes en 2003, les deux titres belges de la presse économique et financière font cause commune.

Ce rapprochement s'était déjà concrétisé par la création d'une société chapeautant les deux quotidiens (Mediafin) et d'une régie publicitaire commune (Trustmedia). Désormais, le rapprochement déboule sur le terrain géographique, avec l'installation des deux rédactions sur le site bruxellois de Tour&Taxis (les journalistes du «Tijd» y sont depuis ce week-end, ceux de «L'Echo» les rejoindront le 18 juin), et éditorial. «De Tijd» et «L'Echo» disposent dorénavant d'un Central News Desk dirigé par Roland Legrand avec la mission de fournir aux deux rédactions des contenus rédactionnels communs. Ce service, composé de journalistes néerlandophones et francophones, devrait être pleinement opérationnel lors de l'arrivée de «L'Echo» à Tour&Taxis.

Le vent de la réforme souffle également sur les deux quotidiens. Mais, là aussi, «De Tijd» a pris une petite longueur d'avance sur son homologue francophone. En effet, depuis hier, le quotidien flamand offre un tout nouveau visage. Format légèrement réduit («belge» au lieu du «broadsheet»), extension de la quadrichromie, nouvelle maquette (avec le coup de pouce de Mario Garcia, décidément très actif dans la presse belge -«Le Soir» et «De Morgen»), nouvelles rubriques et suppléments (dont «De Tijd Weekend» et «Netto»).

Ces changements s'accompagnent, en outre, d'un recentrage sur les matières économiques et financières sur lesquelles le «Tijd» entend (re)devenir la référence auprès des décideurs flamands. Un choix qui va à l'opposé de celui fait en 2003 lorsque «De Tijd» avait élargi ses horizons éditoriaux avec l'espoir, déçu, d'attirer de nouveaux lecteurs et de nouveaux annonceurs. Dernière évolution marquante: une convergence renforcée entre les éditions «papier» et «électronique». Ainsi, chaque lundi, «De Tijd» imprimé fera place à un journal électronique («De Tijd op mandaag on line»).

Quel pilote à «L'Echo»?

Toutes ces modifications préfigurent largement celles qui seront visibles dans la nouvelle formule de «L'Echo» disponible à partir du 20 juin. Il adoptera également le format «belge» et une nouvelle maquette. Mais la question du moment, chez nos confrères, est de savoir qui reprendra en main la rédaction. Annoncé depuis quelques jours, l'actuel rédacteur en chef de la «Dernière Heure», Michel Marteau, semble avoir finalement renoncé à la fonction. L'information devrait être officialisée ce mercredi. De quoi poser un sérieux problème de «pilotage» à un peu moins de deux mois du lancement du nouvel «Echo».

© La Libre Belgique 2006