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Les représentants du personnel de Dexia sont relativement rassurés. Lors du conseil d’entreprise extraordinaire qui s’est tenu lundi après-midi, ils ont appris que le groupe s’en tiendrait au plan social annoncé précédemment, qui prévoit la suppression de 450 postes en Belgique à l’horizon 2011. Après l’annonce des exigences de la Commission européenne à propos du périmètre de Dexia vendredi ("LLB" 6/2), les délégués syndicaux du groupe financier s’inquiétaient de l’effort à fournir par le personnel. D’après les informations reçues lors du conseil d’entreprise, "on s’en tient au plan de transformation tel qu’annoncé", nous a expliqué Pierre Verelst, délégué CNE chez Dexia.

Si les syndicats se montrent globalement rassurés, ils émettent toutefois deux réserves. La première concerne la garantie d’emploi, sur laquelle la direction se montre toujours réticente actuellement. A ce stade, dit-on de source syndicale, cette garantie n’est pas accordée, ce qui signifie que le groupe bancaire pourrait procéder à de nouvelles coupes dans l’emploi à l’avenir. Deuxièmement, les représentants des travailleurs craignent que le recentrage de Dexia sur le Benelux provoque une demande de davantage d’efforts à l’égard du personnel dans la banque de détail. "Dans le futur périmètre du groupe, avec 60 % de revenus provenant de la banque de détail, 20 % de la gestion d’actifs et 20 % du financement des collectivités locales, les marges seront plus difficiles à dégager", explique Pierre Verelst. "Nous nous inquiétons donc de la pression qui pourrait être placée sur le personnel en Belgique et en Turquie, où la banque de détail est le plus présente."

Les syndicats sont préoccupés par le bien-être des travailleurs de Dexia dans cette branche et se demandent si le groupe financier disposera toujours des ressources suffisantes pour atteindre ses objectifs dans ce cadre.

"Je suis rassuré parce que la restructuration du groupe n’exige pas d’efforts supplémentaires au point de vue de l’emploi mais je ne suis pas de nature optimiste à propos de la pression qui pourrait survenir à cause de la redéfinition du périmètre du groupe", résume Pierre Verelst.

Les négociations continueront dans les prochaines semaines à propos des transferts de personnel au sein du groupe Dexia, notamment entre l’entité bancaire et le holding. Le Setca affirme que "pour l’instant, les négociations semblent avancer de manière positive". "L’entreprise doit à présent se tourner vers le futur et veiller à restaurer un climat social constructif, seul garant d’un renouveau pour la banque et pour un service au client de qualité. Le Setca considère que l’annonce du respect des conventions collectives en matière de rémunération cadre et employé permettant les évolutions de carrière est une première contribution positive", indique un communiqué du syndicat socialiste publié lundi soir.

La décision de la Commission européenne a aussi provoqué quelques réactions du côté des analystes qui suivent le secteur bancaire. La plupart sont positives. Keefe, Bruyette&Woods estime que l’accord entre Dexia et la Commission "met fin à une grande partie des incertitudes" planant sur le groupe. Un avis partagé par Fortis qui a relevé sa recommandation sur le titre Dexia à "conserver" contre "alléger" auparavant.

Degroof a fait de même, portant son avis à "accumuler" au lieu de "conserver". "L’action est à présent bon marché", estime l’analyste de la banque. Quant à Oddo, il considère que la banque va désormais avoir le temps de nettoyer son portefeuille obligataire, ce qui justifie, d’après le broker international, une recommandation adaptée à "ajouter" au lieu de "réduire" auparavant.

Certains analystes se montrent plus prudents, soulignant que les activités qui resteront à Dexia généreront une marge plus faible. L’analyste de Citigroup, qui maintient son avis de "vendre" considère que Dexia devra faire un effort important pour réaliser son objectif de réduire ses financements à court terme à 10 % de son passif pour 2014.