Disques compacts sous influence?

VINCENT BRAUN Publié le - Mis à jour le

Entreprise

Cela faisait plusieurs années que la Commission européenne avait l'industrie phonographique dans le collimateur. Plusieurs années, qu'elle souhaitait vérifier si le prix des CD en Europe résulte bien d'un fonctionnement normal dans le respect des normes de la concurrence du marché. L'enquête qu'elle a entamée en début de semaine dernière est donc tout sauf une surprise.

Il s'agit de vérifier si les cinq grandes compagnies de disques ne se sont pas entendues pour fixer le prix de vente des disques compacts. Sont visés: BMG (filiale de l'Allemand Bertelsmann), EMI, Sony, Universal (filiale de Vivendi Universal) et Warner (filiale d'AOL Time Warner), ainsi que treize magasins de détail traditionnels et cinq distributeurs de musique sur Internet (dont les noms sont tenus confidentiels). La Commission a semble-t-il profité du tremplin que constituaient les documents entrés en sa possession l'année dernière lors de la tentative de fusion d'EMI avec Warner pour passer à l'offensive. Des éléments suffisamment probants pour penser qu'il y aurait eu arrangement et pour enquêter non seulement à l'égard de ces deux firmes mais aussi des trois autres grands acteurs du marché? qui sont venus s'ajouter aux sollicitations incessantes d'associations de consommateurs dont la Commission faisait l'objet depuis des années.

En outre, l'exécutif européen imite l'action de sa consoeur américaine, la Federal Trade Commission, qui avait mené, l'année dernière, une enquête au même titre et à l'encontre des mêmes protagonistes, laquelle s'était terminée par un ajustement de prix (voir ci- dessous). D'autres enquêtes menées à un niveau local en Europe ont été menées depuis une dizaine d'années, notamment en Grande-Bretagne. En vain.

«Nous n'avons jamais de contact avec nos concurrents en matière de politique commerciale. Chacun mène sa barque comme il l'entend, assure Erwin Goegebeur, le directeur général d'EMI Belgium. On ne peut pas nous accuser de maintenir des prix élevés dans la mesure où le prix du CD est resté pratiquement le même depuis des années alors que nos frais de marketing avaient tendance à augmenter, notamment du fait de l'inclusion d'Internet dans notre stratégie promotionnelle.»

Chaque firme impliquée doit fournir, endéans les deux mois, des précisions quant à l'élaboration de sa politique commerciale. Sur base de celles-ci, la Commission décidera si oui ou non il y a lieu de poursuivre l'enquête.

© La Libre Belgique 2001

VINCENT BRAUN

A lire également

Ailleurs sur le web

Les + consultés de la semaine

cover-ci

Cover-PM

Facebook