Entreprise Le metteur en scène belge signe un gros contrat ce mercredi en Chine.

Le chinois ? Je connais quelques mots, mais sans plus. C’est très difficile. Pour communiquer avec les artistes, on essaye d’utiliser un langage gestuel venu de la plongée." C’est depuis la Chine que Franco Dragone faisait le point, dimanche soir, sur ses futurs projets dans le pays. Le metteur scène belge y poursuit son extension. Il signera ce 24 juin à Pékin, en présence du roi Philippe et de la reine Mathilde, un partenariat avec l’entreprise Dalian Wanda Group pour la conception de cinq nouveaux théâtres et la création d’autant de spectacles permanents. Le contrat porte sur une valeur de 1,5 milliard d’euros et court sur dix ans. Les salles sont spécialement conçues pour accueillir les shows. Et c’est dans la ville de Wuhan (centre du pays), où débute la visite d’Etat du couple royal, que M. Dragone a lancé en décembre dernier le "Han Show", premier spectacle du genre en Chine. Les Souverains assisteront d’ailleurs ce lundi à une représentation avec l’ensemble de la délégation belge. " A l’ori gine, le contrat portait sur trois théâtres (y compris celui de Wuhan, NdlR) ainsi qu’une option sur deux autres. Wanda a finalement revu le contrat pour le porter à six théâtres au total ", se réjouit Yves Delacolette, président du groupe Dragone.

Dragone sans Franco

Après Wuhan, le prochain spectacle verra le jour à Xishuangbanna (Sud) en septembre - Shanghaï et Pékin sont dans le viseur pour la suite. En 2014, l’ensemble des spectacles de Franco Dragone à travers le monde (Las Vegas et Macao notamment) représentaient une capacité de 1,5 million de spectateurs. Soit un "box-office" (les revenus générés par la vente des billets) de 120 millions d’euros. En 2015, avec la Chine, Paris ou Manille en plus, on atteindra les 3 millions de spectateurs pour des rentrées de 150 millions.

Enfin, à l’horizon 2020, selon les estimations de M. Delacolette, les chiffres pourraient grimper à 12 millions de spectateurs pour 500 à 600 millions d’euros de rentrées en billetterie. Et ce, uniquement sur base des contrats actuels, "sans tenir compte des éventuelles nouvelles sollicitations". "Ici, en Chine, on peut faire des choses qu’on ne pourrait sans doute pas faire ailleurs, poursuit M. Dragone. Pour attirer le public, le groupe Wanda devait impressionner les gens. Puis, vu les moyens dont ils disposent, ils peuvent investir dans la démesure…" Et si "nous restons une petite PME", comme le dit Yves Delacolette, "notre but", enchaîne Franco Dragone, est de faire en sorte que le groupe puisse se développer artistiquement sans se reposer exclusivement sur les qualités de l’omniprésent metteur en scène." "Dragone doit pouvoir vivre sans Franco", résument les deux hommes. En Belgique, Dragone occupe 150 travailleurs à La Louvière - "notre maison" - essentiellement dans l’atelier de confection des costumes. Chaque spectacle permet en outre la création d’environ 300 à 400 emplois sur place, avec ratio d’un artiste pour deux personnes dans l’ombre.