Entreprise

Un nouveau venu se lance ce jeudi sur le marché belge de la location de voitures entre particuliers. Il s’agit de la start-up française Drivy qui propose à cet égard une plateforme Internet accessible via un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Mais en arrière-plan, il y a aussi toute une organisation qui a mis un peu plus de 5 ans à se déployer, avec des ingénieurs, des développeurs, des commerciaux et un service d’aide aux clients.

Née en 2010, Drivy n’est plus vraiment une start-up. Mais, alors qu’elle est déjà présente en France, en Allemagne, en Espagne et en Autriche, elle n’avait pas encore tâté le marché belge.

"En réalité, nous voulions venir ici depuis longtemps", nous explique le CEO et fondateur de Drivy, le Français Paulin Dementhon, un entrepreneur de 37 ans, sorti d’une haute école de commerce. "Nous nous sommes concentrés sur l’innovation et le développement, et puis, nous nous sommes dotés des moyens humains et financiers pour aller plus loin."

Du capital à grande échelle

Les moyens humains, en l’occurrence, c’est une équipe d’une septantaine de collaborateurs, et les moyens financiers viennent de se voir renforcés par une mise de fonds substantielle… "En effet, nous avons ouvert notre capital fin avril pour nous permettre d’assurer notre développement à l’international", nous explique encore Paulin Dementhon. Et voilà la start-up dotée de quelque 31 millions d’euros ! En pratique, la flotte virtuelle de Drivy est déjà forte de 38 000 véhicules, dont un peu plus de 250 en Belgique, ces derniers ayant été inclus dans le cadre d’une phase "Bêta". Et on n’en est qu’aux débuts puisque, dès que le cap des 1 000 inscrits réguliers sera franchi, Drivy proposera aux loueurs d’équiper leurs véhicules d’un boîtier permettant aux loueurs de débloquer les portes des voitures de leur choix, et d’y récupérer les clés. "Le système est d’une grande simplicité. Il permet de localiser les véhicules près de soi, de les réserver, de signer le contrat et, plus tard, d’ouvrir le véhicule." Pour assurer les opérations et les véhicules, il y a aussi un partenaire de poids avec le géant de l’assurance Allianz qui épaule l’organisation. "Notre service clientèle doit en effet gérer les problèmes éventuels, comme les accidents, les annulations…", indique Paulin Dementhon.

Concurrence

L’idée de l’économie du partage est excellente, mais d’autres acteurs sont déjà présents sur le marché belge… "En effet, tout le monde est d’accord pour dire que le principe du partage est positif, puisqu’il permet de réduire le coût d’utilisation d’un véhicule et d’accroître son utilisation, et l’idée que nous portons depuis un peu plus de 5 ans a essaimé. Mais notre force vient de la qualité de notre plateforme, de nos applications portables, et de notre avance technologique. Et c’est sur ce terrain que se joue la concurrence de ce marché."

Et, pratiquement, comment tourne le modèle économique, financier et fiscal ? "Les transactions s’effectuent en ligne par carte de banque. Le propriétaire du véhicule récupère 70 % du montant, l’assurance représente 13 % du total et notre commission 17 % TVA comprise". Quant à la fiscalité du modèle en Belgique, on attend encore le cadre promis par le gouvernement.