Entreprise

D’un côté, un promoteur immobilier à qui il manque une partie des fonds propres exigés par ses banques. De l’autre, des petits investisseurs qui se lanceraient bien, comme les grands, dans le financement de complexes de logements, bureaux, commerces…

Depuis 2012, la société française Wiseed Immobilier réunit les deux sur sa plateforme de financement en crowdfunding. Et cela fonctionne : une quarantaine de projets soutenus (10 000 m2 de bureaux et 900 logements) et une vingtaine de millions d’euros levés rien qu’en 2015; et la conviction de doubler ce montant en 2016. "Ce qui est magique , commente Souleymane Galadima, directeur général de Wiseed Immobilier , c’est que la mise de fonds démarre à 1 000 euros, un cap accessible. Le ticket moyen tourne d’ailleurs autour des 3 500 euros." Et comme cela se fait par le biais d’Internet, la vitesse de collecte n’en est que plus rapide : entre quarante minutes et six jours pour 500 000 euros.

"Je pense que la principale raison du succès tient au fait que l’investisseur sait exactement dans quoi il investit , poursuit Souleymane Galadima . En règle générale, il choisit plutôt des projets résidentiels dans lesquels il peut se projeter comme acquéreur ou occupant, et qui lui sont proches. Il construit en quelque sorte ‘sa’ ville de demain." Même si c’est avant tout les caractéristiques financières qui l’attirent : prêt à court terme (12 à 24 mois, soit le délai d’achèvement du chantier) et rendement élevé (entre 8 et 15 % pour 10 % de moyenne). Un taux qui prouve toutefois qu’il y a bel et bien un risque (le capital n’est pas garanti), même si celui-ci est "mesuré". "Le promoteur doit faire preuve d’un historique de projets réussis, bénéficier d’une équipe dédiée, avoir un permis purgé de tout recours et être à un stade avancé de la commercialisation (entre 40 et 60 %)."

Des investisseurs belges

Pour les promoteurs qui font appel au crowdfunding, "c’est ultrarapide (entre 1,5 et 2 mois entre le dépôt du dossier et la levée des fonds) et assorti d’une dimension marketing supplémentaire" , répond Souleymane Galadima, qui précise qu’il se rémunère non sur ses investisseurs (pas de frais d’entrée, de gestion ou de sortie) mais sur les promoteurs.

C’est d’ailleurs à leur intention que Wiseed Immobilier participait au Mipim (Cannes, 15-18 mars). Sur le stand parisien, pas sur le stand belge. Car ce qui vaut pour la France, ne vaut pas (encore) pour la Belgique. Notamment parce que le crowdfunding y est limité à un montant de 100 000 euros, insuffisant pour une opération immobilière d’une certaine ampleur. "Mais nous avons des investisseurs belges et suisses , ajoute-t-il . Et on pourrait peut-être imaginer financer un promoteur belge en s’appuyant sur la réglementation française." Ce qui n’est pas encore à l’ordre du jour.