Entreprise

Le 1er mars prochain, la banque ING Belgique aura un nouveau patron. La nouvelle était dans l’air depuis un certain temps mais sa rapidité d’exécution a créé la surprise. Le successeur d’EriK Dralans, parti à la retraite, s’appelle Ralph Hamers, un Néerlandais de 44 ans.

En soi, l’information paraît banale. Elle ne l’est pas : les Belges pressentis ne manquaient pas alors qu’il est de tradition qu’un patron de "chez nous" dirige la filiale, chez ING et ailleurs. Concédons que cette règle tacite a souffert de plus en plus d’exceptions avec le temps. Dexia, consoeur en vue, est ainsi pilotée par le Français Mariani...

La personnalité de Ralph Hamers, entré chez ING en 1991, n’est pas en cause. Membre du "banking management team", il a assuré différentes fonctions au niveau commercial et de la banque de détail aux Pays-Bas et à l’étranger. L’homme est féru d’e-banking."Sa grande expérience correspond parfaitement au but d’ING Belgique d’être la meilleure banque universelle directe", proclame le communiqué. Ceci dit, Ralph Hamers, qui ne parle pas le Français, reconnaît qu’il "ne connaît pas spécialement" le marché local. Des lacunes à combler rapidement, sous peine de perturber une bonne partie du personnel et de la clientèle.

Il y a plus embarassant. En nommant un Néerlandais à la tête du comité de direction, ING accrédite l’idée selon laquelle elle place "ses" hommes, aux ordres de l’actionnaire. Une soumission justifiée, entre autres, par les transferts juteux de la filiale vers la maison-mère. Pratiqués avec autant si pas plus d’intensité chez Fortis et Dexia, ils sont devenus criants et ne suscitent pas la moindre réaction de la part de nos dirigeants. Un coup dur de plus pour notre "indépendance".