Entreprise

La compagnie va investir 21 millions d'euros supplémentaires dans notre pays et créer près de 1000 emplois directs et indirects.

Emirates avait deux possibilités pour se développer à Bruxelles : soit la compagnie amenait l'un de ses 89 Airbus A380 (double étage), le plus gros avion commercial au monde, soit elle lançait un deuxième vol quotidien vers Dubaï. C'est cette seconde option que le transporteur émirati a finalement choisi, avec un vol de nuit qui va être lancé (départ à 20h15 de Bruxelles, arrivée à Dubaï à 6h du matin) le 29 octobre prochain, permettant de doubler la fréquence actuelle (un vol avec un départ à 15h depuis Bruxelles).

La compagnie a-t-elle eu peur que son « Super Jumbo » se prenne les amendes pour nuisances sonores de la Région bruxelloise ? « Non, malgré sa taille, l'Airbus A380 est un avion silencieux et ce n'est pas un élément qui a pesé dans la décision même si ce dossier est préoccupant », explique Jean-Pierre Martin, le patron d'Emirates en Belgique. Autre frein à l'arrivée de l'A380: l'aéroport de Bruxelles ne dispose pas de l'infrastructure nécessaire pour accueillir un tel avion. « Mais il y a une volonté de Brussels Airport de se mettre très prochainement à niveau », poursuit M. Martin. La Belgique est considérée comme une « perle » du côté de Dubai. « On a des taux d'occupation de nos avions de plus de 80 % , ce qui fait des envieux », développe le patron. « Avec les diamants à Anvers, les institutions européennes à Bruxelles,… le marché belge est extrêmement porteur en terme de passagers business et Première Classe ».

Près de 100 millions d'euros pour l'économie belge

Emirates voit donc gros pour la capitale belge, puisqu'elle va amener un second Boeing 777-300 de 360 places (dont 8 suites et 42 places business), soit quasiment le second avion commercial actuel le plus gros au monde après l'A380 "Sans vouloir paraître prétentieux, on n'a rien d'autres", sourit l'ancien cadre de British Airways. Emirates s'est ainsi débarrassé ces dernières années de tout ce petits avions pour n'avoir plus que deux modèles : les Airbus A380 et les Boeing 777. « L'objectif est de tout doubler, le nombre de passagers (525 000 sièges proposés par an) mais aussi les investissements que nous ferons en Belgique », révèle M. Martin. La compagnie emiratie va ainsi investir 24 millions de dollars supplémentaires (21 millions d'euros) par an pour ce nouveau vol qui devrait créer entre 1000 et 1500 jobs« directs, indirects ou induits » supplémentaires en Belgique. « Ce nouveau vol va aussi générer 110 millions de dollars (près de 100 millions d'euros) pour l'économie belge, notamment via la fréquentation des hôtels, des restaurants,... »

"Pas de sponsor, à moins qu'Anderlecht ou le Standard n'arrive en demi-finale de la Champions League"

Présents sur les maillots des plus grands clubs de football, Emirates ne sponsorisera pas pour autant un club belge.

« Il n'y a rien à l'ordre du jour", précise M. Martin. " Emirates achète de la visibilité qui doit être la plus globale possible. Cela fait défaut dans un petit marché tel que celui de la Belgique, donc à moins que le Standard ou Anderlecht n'arrive chaque année en demi-finale de la Champions League, ce sera compliqué ».

Notons que deux tiers des passagers belges qui passent par Dubaï n'y restent que quelques heures pour ensuite se diriger vers une destination asiatique, africaine ou de l'Océanie. « Ce nouveau vol va nous permettre de proposer davantage de destinations depuis Bruxelles, avec de meilleures connexions, notamment vers la Thaïlande, l'Ile Maurice, les Maldives, le Vietnam ou la Nouvelle -Zélande, avec un temps d'attente oscillant entre 1h et 3h30 à Dubai".

Emirates compte aussi développer le concept de week-end aux émirats depuis Bruxelles, avec un départ le vendredi soir de Bruxelles pour un retour le lundi matin. "On pense souvent que Dubaï est cher, mais ce n'est plus vrai. Oui, il y a des palaces impayables pour le commun des mortels, mais il y a aussi moyen de passer des bons moments pour le même prix qu'un séjour en Turquie. Dubaï , c'est une espèce de grand club Med à ciel ouvert : il y a moyen de tout faire, sans compter que le climat est très agréable en hiver . Certains voyageurs d'affaires pourront aussi passer la journée à Dubaï pour une réunion et revenir dans la journée", conclut M. Martin.

Plus de 230 entreprises belges, parmi lesquelles des géants comme Deme, Besix ou De Nul, sont présentes dans l'émirat.