Entreprise

La direction française d’Eram a annoncé mardi qu’elle cessait ses activités en Belgique, où elle compte 28 magasins et 130 employés. L’annonce a fait l’effet d’un coup de théâtre (même si ce n’était pas le premier) auprès des syndicats. Retour sur une pièce en trois actes.

1 - L’annonce, tout d’abord, d’une restructuration

En octobre, Eram Belgique fait part de son intention de fermer treize de ses vingt-huit magasins et de licencier 70 employés sur 130. La phase 1 de la procédure Renault de licenciement collectif est enclenchée. Les syndicats tentent de réduire la casse sociale et négocient les conditions de départ du personnel. Ils obtiennent la prépension à 55 ans. 

"Début décembre, les négociations ont presque abouti et nous sommes prêts à signer un accord. Nous demandons tout de même si la maison-mère française financera le plan social et elle nous annonce qu’elle ne financera rien", évoque Evelyne Zabus, secrétaire permanente CNE. Pendant les semaines qui suivent, c’est le silence radio de la part d’Eram. La procédure Renault est gelée. En réaction, les travailleurs des magasins Eram observent une journée de grève le samedi 14 janvier.

2 - Eram change d’avis

Ce mardi, la chaîne de magasins de chaussures envoie un communiqué pour expliquer qu’elle fermera tous ses magasins belges. Les syndicats sont reçus en matinée par le grand patron français lors d’un conseil d’entreprise. "Il nous dit que le bilan d’Eram au dernier trimestre 2016 et en janvier est moins bon que prévu. On peut croire que le succès des ventes en ligne ainsi que la perte de pouvoir d’achat en Belgique, à cause des nombreuses restructurations ou fermetures d’entreprises, ont joué. Eram n’a pas procédé aux adaptations nécessaires à ce changement de contexte" , signale Evelyne Zabus. 

"Confrontée à une dégradation rapide et importante de ses résultats et face à des perspectives économiques très incertaines, la direction a finalement été contrainte d’annoncer aujourd’hui son intention de se retirer du marché belge" , peut-on lire dans le communiqué de l’entreprise. Eram France indique aux représentants du personnel qu’il va chercher des repreneurs pour les magasins. 

"La direction donne l’échéance de trois mois et nous reverra chaque mois pour faire le point", indique la syndicaliste. "Un repreneur serait la solution pour éviter à Eram de financer le plan social mais rien ne nous garantit qu’il sera activement cherché. Nous ne savons pas non plus, si reprise il y a, quelle forme elle prendra : tous les travailleurs maintenus, aucun, une partie, des ma gasins franchisés ou pas ? On est dans le flou artistique." Eram affirme qu’il cherchera des candidats à la reprise "afin de sauvegarder le maximum d’emplois et de tenter de maintenir l’enseigne sur le territoire belge" et que toutes les pistes seront étudiées.

3 - Quel avenir pour le personnel et les magasins ? 

D’ici à la fin avril, les magasins belges resteront ouverts et le personnel touchera son salaire. "Je crains que la situation des travailleurs soit inconfortable pendant cette période d’incertitude. Cela va jouer sur la motivation et la présence au travail", déclare Evelyne Zabus. Il n’est pas encore question d’éventuelles actions de protestation contre cette cessation d’activité. "Nous allons d’abord voir avec le personnel ce qu’il en pense", dit la permanente syndicale.